Les élus de la Métropole Nice-Côte d’Azur votaient cette semaine en faveur de l’augmentation de la redevance par passager pour les bateaux de croisière. Une mesure en vigueur dès janvier 2026 et qui fait bondir les professionnels.
Réaction immédiate. Vendredi 5 décembre, à notre micro, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a confirmé que les restrictions « anti-croisières » souhaitées depuis janvier 2025 par Christian Estrosi (Horizons) dans la métropole de Nice et par David Lisnard à Cannes ne seront pas appliquées. Ce sont celles de l’État, plus légères, qui s’imposent. Cette semaine, le Conseil métropolitain niçois validait une nouvelle grille des tarifs pour les navires de voyage.
Déjà en vigueur, cette taxe par passager suit le principe du « pollueur-payeur », en tous les cas selon la présentation de l’agglo. Elle sera revue à la hausse dès janvier 2026. Concrètement, plus un paquebot sera grand, ancien et sale pour l’environnement, plus la contribution qu’il versera à la collectivité sera élevée. Une réponse à l’arrêté interpréfectoral à venir « d’ici au 31 décembre », que le maire de la capitale azuréenne estime « totalement insuffisant ».
Où ira l’argent ?
Les recettes « permettront de financer les investissements majeurs pour la pérennité de nos ports (digue du port de Nice par exemple) mais également la transition écologique, avec l’électrification des quais », ajoute-t-il.
Un dispositif qu’il juge « dissuasif pour les grandes embarcations » les moins respectueuses de la biodiversité, et au contraire, « favorable aux petits bateaux plus vertueux, raccordables à l’électricité à quai, qui séjourneront plusieurs jours et soutiendront durablement l’économie locale, tout en valorisant notre destination. »
« Absence de dialogue »
On pouvait s’y attendre, le tout a provoqué la colère des professionnels parmi les filières. L’Union Maritime 06 exprime sa « préoccupation », en quatre points : la politique d’accueil des navires, un projet d’implantation de terrasses sur le quai des Deux-Emmanuels, la majoration, distincte, des charges avec l’arrivée de la taxe environnementale validée par le Sénat et surtout, une « absence persistante de dialogue ».
Face à des « décisions unilatérales », selon eux, les acteurs économiques du port Lympia avaient refusé de participer au conseil du mardi 2 décembre. La rupture pourrait aller plus loin, puisque l’UM prévient qu’elle « se réserve le droit d’engager d’éventuels recours. »
Plus largement, les nouvelles restrictions n’emballent pas non plus d’autres élus maralpins. C’est le cas de David Lisnard (Les Républicains), le premier magistrat cannois, qui qualifie le procédé de « méprisant pour le travail local », voire même de méthode « scandaleuse et irrespectueuse ».
Dans le détail, l’arrêté interpréfectoral portant sur ces nouvelles restrictions était signé ce mardi 9 décembre. Dans chaque port du département des Alpes-Maritimes, pour « les escales des navires de croisière, (…) le nombre total de passagers autorisés à débarquer doit respecter les conditions cumulatives suivantes : une moyenne annuelle de 2000 passagers par jour d’escale ; exceptionnellement de 3000 passagers maximum (…) dans le strict respect de la moyenne annuelle des 2000 passagers débarqués par jour d’escale. Le nombre de navires dans le même port est limité à un navire par jour et par zone de mouillage ou d’arrêt, ceci s’imposant uniquement à ceux qui transportent plus de 1300 personnes ».



