Les chiffres de l’antisémitisme en France pour le premier semestre 2025 sont tombés. Le nombre d’attaques a diminué par rapport à 2024, tout en restant très élevé. Elles se sont surtout multipliées au printemps. Le Niçois Éric Ciotti dénonce l’État et sa riposte largement insuffisante.
En recul, mais toujours aussi effroyables. Voici comment nous pourions résumer les statistiques des actes antisémites qui ont été dévoilées dimanche 14 septembre par le ministère de l’Intérieur, sur le premier semestre 2025. Des chiffres en baisse, tout en étant bien plus élevés qu’avant les attaques terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023.
Au total, 646 méfaits à l’encontre des Juifs ont été recensés entre janvier et juin de cette année. Sur la même période, l’an dernier, nous grimpions à 891, toujours d’après Beauvau. Ce qui nous donne une chute de 27,5 %. À titre d’indication, sur les six premiers mois de 2023, 304 cas avaient été regrettés.
Octobre 2023, la bascule
Les événements d’octobre 2023 ont provoqué une bascule, puisqu’en octobre et novembre, ces faits sont montés à 1.067 violences différentes. Si nous revenons à 2025, nous avons même le détail de ces actions visant la population juive. Le printemps a été particulièrement sombre, avec 126 agissements en mai et 139 en juin.
De janvier à avril, nous sommes à chaque fois sous les 100 actes (99 en janvier, 98 en février, 96 en mars et 88 en avril). Parmi les 646 plaintes déposées, 422 l’ont été pour des atteintes aux personnes et 224 pour des dégradations de biens. Il faut d’ailleurs préciser, comme toujours pour ce genre d’information, que ces éléments pourraient en réalité être revus à la hausse car toutes les victimes ne se font pas connaître.
Des faits relevés à Nice et Menton ces dernières semaines
La Côte d’Azur n’est pas épargnée, notamment Nice. Très récemment, début septembre, trois militants pro-palestiniens ont été interpellés le jeudi 4, avant d’être relâchés. Il leur est reproché un « échange virulent » près de la synagogue de la communauté Loubavitch « sans actes de violences caractérisées », précisait Damien Martinelli, procureur de la République.
Ils sont accusés d’avoir voulu pénétrer de force dans le lieu de culte, tout en proférant des injures. Mais l’examen des images de vidéosurveillance n’avait pas permis d’établir une véritable tentative d’intrusion. De plus, les mis en cause ont nié ces reproches, affirmant « avoir été insultés et avoir reçu des crachats ».
Le lendemain, le vendredi 5, un Suisse a été arrêté un quart d’heure après avoir invectivé un rabbin près de la Promenade des Anglais. Il comparaîtra pour des faits d’injures publiques liées à la religion, en mars 2026.
Dans le courant de l’été, à nouveau dans la capitale maralpine, un homme était filmé tenant des propos violemment antisémites et homophobes. Cela s’est produit le mercredi 23 juillet, encore sur la Prom.
Parallèlement, à Menton, les services de police sont intervenus à la synagogue du 106 cours du Centenaire. Des individus circulaient devant le site en lançant des insultes telles que « Sale Juif » à destination des personnes présentes. Ils ont ensuite pris la fuite.
Éric Ciotti : « toutes les digues ont sauté face à l’antisémitisme et ce, sans aucune conséquence !»

« La situation en France est terrifiante » dénonçait le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti dans Nice-Presse le 5 septembre dernier. « J’entends qu’aujourd’hui, les Juifs ne se sentent plus en sécurité dans notre pays. C’est une abomination ».
« Nous assistons à un retour aux heures les plus sombres de notre histoire. Beaucoup de mes amis juifs envisagent de quitter la France parce qu’ils ne se sentent plus protégés par un pouvoir qui est ambigu face à des mouvements, des manifestations, notamment celles que nous avons pu voir à Nice…»
Le président de l’UDR se dit scandalisé par les incidents commis dans une synagogue du centre-ville récemment : « c’est un acte de plus dans cette escalade de la violence. On a l’impression que toute les digues ont sauté face à l’antisémitisme et ce, sans aucune conséquence !»
Et de rappeler : « il y a quelques années, quand je disais que des enfants juifs devaient quitter l’école publique en Seine-Saint-Denis, on ne me croyait pas, cela soulevait des polémiques contre moi. Ce n’est plus l’école publique qu’ils quittent pour leur sûreté, c’est ce pays ».
Il y a dix jours, la mairie de Christian Estrosi avait ironisé sur la « tolérance zéro » promise par le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux. « Ce procès fait à la préfecture est injuste, comme beaucoup de ceux intentés par monsieur Estrosi. Le préfet applique les directives de l’État. Soyons clair, cette politique est défaillante ».
« Le maire de Nice n’aurait sans doute pas dû endosser le costume du macroniste le plus zélé ces dernières années, alors que ce président ne s’est même pas déplacé pour assister au rassemblement républicain qui avait suivi l’attaque terroriste du 7 octobre. Cet errement, parmi d’autres, était déjà très choquant et il fallait, alors, le dénoncer. C’était une faute historique d’Emmanuel Macron…»



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