Une soirée de chaos a éclaté jeudi soir dans l’est de Paris lorsqu’une centaine de supporters de l’OGC Nice ont attaqué un bar du Xe arrondissement, faisant six blessés dont un grave. À quelques heures de la finale de la Coupe de France au Stade de France, les forces de l’ordre ont interpellé 65 personnes au milieu des terrasses saccagées du Canal Saint-Martin.
Des chaises qui volent contre une devanture, des verres brisés et des clients terrifiés tentant de se barricader. Le décor autour du canal Saint-Martin ne ressemblait guère à un avant-match festif ce jeudi soir, vers 23h30.
Une centaine de fans ont transformé le quai de Valmy en véritable champ de bataille. Un rassemblement nocturne dans la capitale qui s’est soldé par une lourde rixe, laissant six personnes au sol, parmi lesquelles une gravement touchée, « pour un motif ignoré à ce stade ».
Certaines de ces victimes pourraient d’ailleurs n’être que de simples badauds, sans aucune attache avec les tribunes. La préfecture de police a souligné que ce groupe déambulait dans les rues en « cherchant manifestement à en découdre ».
Des armes abandonnées sur le pavé
Le bilan matériel et judiciaire s’avère massif. Pas moins de 65 individus, comprenant quatre mineurs, ont fini la nuit en garde à vue, arrêtés « notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ».
Sur les lieux de l’affrontement, les enquêteurs ont fait des découvertes glaçantes confirmant une préparation manifeste. Le parquet de Paris liste un arsenal urbain composé de « gants coqués, des protège-dents, des cagoules à l’effigie du club OGC Nice ».
Plus inquiétant encore, un couteau à pain doté d’une lame de vingt centimètres, maculé de traces de sang, a été récupéré dans une artère voisine.
La cible principale de ce déchaînement fut L’Atmosphère, un établissement de quartier pris d’assaut. Vendredi matin, malgré la façade amochée, les habitués tentaient de reprendre le cours de leur vie en terrasse.
« Maintenant je réalise ce qu’étaient les cris, c’était comme des cris de guerre »
Les riverains gardent un souvenir marquant de cette irruption soudaine. Anna, une voisine de 57 ans, pensait d’abord à un chahut « habituel » en percevant de « gros bruits » et « des cris ».
Descendue constater les dégâts, elle découvre un commerce « où tout était renversé » et remarque qu’ « un homme était à terre ». Son récit traduit le choc : « Maintenant je réalise ce qu’étaient les cris, c’était comme des cris de guerre. Ça fait peur, c’est un peu chaud… »
À l’intérieur de l’établissement, le personnel a vécu un huis clos angoissant. Enzo Garcia Sanchez, serveur sur place, décrit une panique générale quand la foule s’est ruée sur eux.
« Ils sont arrivés d’en face, on a vu plein de gens arriver, ça criait et les clients ont commencé à avoir peur, ils sont rentrés (…). On a essayé de fermer les portes comme on a pu, c’était un peu le chaos… Tout le monde a essayé de se cacher, comme on a pu, derrière les tables, derrière le bar… pendant qu’ils étaient en train de saccager le restaurant », témoigne l’employé.
Les assaillants ont tout détruit sur leur passage, balançant la vaisselle en hurlant. Le constat du salarié est catégorique : « Ils ont pris tout ce qu’ils ont pu et ont tout jeté, les assiettes, les verres… en criant des trucs sur le foot mais je ne m’intéresse pas à tout ça ». Selon lui, ces individus « étaient juste là pour casser. »
Condamnations unanimes des instances

Face à ce spectacle désolant, les réactions indignées se multiplient. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, a dénoncé sur X « ces agissements », affirmant que la municipalité « ne laissera aucune place aux groupuscules d’extrême droite pour déployer leur haine ».
Du côté du gouvernement, la ministre des Sports Marina Ferrari s’est montrée cinglante, fustigeant une situation qui constitue « une honte pour l’image du football et du supporterisme ».
La Fédération française de football a emboîté le pas, pointant des actes totalement « contraires aux valeurs de respect, de fraternité et de convivialité que porte le football français ».
Même condamnation ferme du côté du club. L’OGC Nice « considère que ces comportements sont absolument inacceptables », rappelant dans un communiqué officiel qu’une finale « doit rester un moment de passion, de fête et de partage populaire, dans un climat de sécurité et de respect pour tous ».
Ce climat électrique nécessitait déjà un déploiement majeur de plus de 2 000 policiers, justifié par l’animosité historique entre les supporters de Nice et ceux du PSG. Les contrôles préventifs se sont d’ailleurs poursuivis, menant à six nouvelles interpellations vendredi midi sur les lieux de passage des Niçois près de la gare de Lyon.
Sur le terrain sportif, la finale à 21h00 revêt des enjeux majeurs. Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, espère soulever sa première Coupe de France et écrire l’une des plus belles pages de son histoire.
Les Rouge et Noir, quant à eux, tenteront avant tout de reprendre confiance. Cette confrontation s’inscrit quelques jours avant des barrages décisifs pour leur maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.
Ce qui est important
- Une violente attaque dans la capitale impliquant des supporters de l’OGC Nice a fait six blessés dont un grave la veille de la finale.
- Les forces de l’ordre ont interpellé 65 personnes et saisi du matériel de rixe ainsi qu’une arme blanche.
- Les personnalités politiques et les instances sportives, dont le club niçois lui-même, condamnent fermement ces actes de vandalisme.
Nice-Presse avec dépêche





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