Le gouvernement veut durcir la loi « Bienvenue en France » qui assigne des frais de scolarité élevés aux étrangers. De quoi provoquer la colère de la principale organisation estudiantine des Alpes-Maritimes ces derniers jours.
Depuis huit ans qu’elle existe, cette loi a finalement touché assez peu d’étudiants. D’après les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, seuls 10 % des élèves étrangers inscrits dans les facs s’acquittent de frais de scolarité ainsi gonflés. L’État applique cette majoration depuis la rentrée 2019 suite à l’instauration du dispositif « Bienvenue en France » voté en 2018.
Les extra-européens sont ainsi facturés, sur le papier, 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master lors de la première inscription. À titre d’exemple, leurs compères de l’UE paient 178 et 254 euros. Une mesure qui était dans les faits rarement mise en place.
Frais d’inscription : le mur financier qui se dresse devant les étudiants étrangers

Le 20 avril dernier, Philippe Baptiste a annoncé qu’un projet de loi était dans les cartons. Il vise à ce que les facs ne « puissent plus édicter des exonérations massives », insiste le ministre de l’Enseignement supérieur.
Elles ne toucheraient plus que « quelques cas très précis ». Seuls 10 % des scolaires étrangers y échapperaient si le plafonnement évoqué devenait effectif. Les tout meilleurs, eux, obtiendraient des bourses. Les autres devraient débourser une somme environ 16 fois supérieure à celle qui concerne leurs camarades. Ce qui révolte la principale association maralpine, la FACE 06.
La première organisation de jeunesse du département dénonce le 2 mai une « mesure profondément xénophobe, qui bafoue les fondements mêmes d’une université inclusive et solidaire. » Sur la Côte d’Azur, 5 000 élèves, soit un sur quatre, seraient frappés par cette hausse. Ils seraient même un sur deux parmi les bénéficiaires de l’Agoraé, ces épiceries destinées aux plus précaires.
À Nice, « choisir entre étudier et manger »
Or, rappelle la Fédération, « Nice est la deuxième ville la plus chère du pays. Les extra-communautaires vont devoir choisir entre étudier ou manger », redoute-t-elle. Il faut d’ailleurs préciser qu’une part de ces individus n’aura bientôt plus la possibilité de réclamer les APL. Ce qui lui fait dire que le programme « Choose France For Higher Education » n’est pas « un plan pour les accueillir, mais pour les chasser. »
Un cri du cœur partagé par France Universités, le regroupement de dirigeants de grandes écoles, qui attire l’attention sur le risque de fuite des talents, notamment ceux issus « des pays les plus défavorisés ».
L’État, lui, espère une manne de 250 millions d’euros une fois les droits différenciés pleinement entrés en vigueur, d’ici trois ans.



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