La commune s’estimera contrainte de bannir les meublés touristiques si la justice suspendait l’un de ses dispositifs de régulation. Cette décision radicale pourrait être prise dès cette année.
Nice-Presse vous l’indiquait le 9 février dernier : la capitale de la Côte d’Azur pourrait interdire de fait les locations Airbnb.
Le maire envisage de soumettre au vote des élus le principe de la « compensation au premier logement » : pour proposer un bien sur Airbnb, il faudrait en posséder ou en acheter un autre, pour le proposer en bail de longue durée. Un mécanisme très contraignant qui, explique Christian Estrosi, « retirerait tout intérêt de faire du Airbnb à Nice ».
Cette mesure radicale sera-t-elle prise cette année ? On a posé la question au premier magistrat de la ville ce jeudi 7 mars. Réponse : la balle est dans le camp de la justice.
« J’avais pris une mesure extrêmement efficace qui permettait de réduire de 70% le nombre de ces annonces. Les co-propriétés devaient approuver, ou non, les Airbnb dans les immeubles. Le Tribunal administratif m’a annulé cela, et je fais appel, naturellement ».
« Si sa décision était validée, le T.A. portera la responsabilité du fait que je puisse en arriver à interdire les Airbnb à Nice »
« La décision n’est pas encore prise… (…) Moi je ne veux pas de surtourisme ici ».
La municipalité pointe également les nuisances engendrées, les pertes pour le secteur hôtelier et l’impact de ces sites sur le logement.
Airbnb vent debout
Cette position fait réagir. Notamment du côté de l’Union des professionnels de la location touristique (UPLT), le mois dernier : “(Christian Estrosi) peut toujours tenter… Notre union et le SPLM (Syndicat des Professionnels de la Location Meublée, NDLR) seront là. Nice n’est pas New York et la France est un pays qui protège les droits fondamentaux contre les abus des illuminés qui ne prennent des décisions que par orgueil. À bientôt au tribunal !”
Les relations ne sont pas bien meilleures avec la plateforme internationale. Alors que les sites américains sont habitués à une communication positive jusqu’à l’excès, Airbnb dégainait la sulfateuse contre l’exécutif local l’an passé, preuve que les enjeux financiers sont hautement stratégiques chez nous.
“La crise (du logement) à Nice est majoritairement liée à un déficit d’offre, résultat de choix urbanistiques privilégiant le tout-tourisme, au détriment du logement des habitants”accusait ainsi le géant étatsunien.
Airbnb poursuivait en évoquant “les projets de construction de nouveaux hôtels, alors même que le territoire est très en retard sur ses obligations de construction de logements abordables pour la population”.
“La métropole niçoise a été condamnée à une amende de 1,2 million d’euros pour manquement à ses obligations de construction de HLM (mais qui sont en hausse de 30% sur quinze ans, NDLR)”. La société privée pointait aussi du doigt les maisons et appartements “vacants, qui représentent près de 14% du parc actuel (c’est 4% en réalité, NDLR)”.



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