Le constat est clair : la consommation de drogues a explosé ces dernières années en France, l’un des pires pays de l’Union européenne. La région Sud est particulièrement concernée, le nombre de faits recensés étant bien plus élevé qu’ailleurs.
Voilà un phénomène qui n’épargne globalement aucun territoire dans l’Hexagone. Grâce aux statistiques fournies par le ministère de l’Intérieur, on peut remarquer qu’année après année, la consommation et le trafic de stupéfiants, majoritairement du cannabis, sont en hausse dans notre pays.
Une carte interactive de L’Express permet de se rendre compte de l’évolution et de l’ampleur du sujet. Notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la région étant loin d’être une bonne élève. Tous les départements du Sud-Est sont dans le rouge, à commencer par les Bouches-du-Rhône, le pire de tous dans ce domaine.
Dans les Bouches-du-Rhône, l’usage de drogue a explosé
En 2023, la police et la gendarmerie ont déclaré 10,38 usages de drogue pour 1000 habitants. À titre de comparaison, nous étions à 3,27‰ en 2016. On peut néanmoins souligner la baisse effective entre 2022 et 2023, puisque le taux étant précédemment de 11,17‰. Le trafic aussi augmente, passant de 0,9‰ en 2016 à 1,8‰ il y a deux ans.
Comment nous l’expliquions, le narcotrafic est bien ancré dans l’ensemble des collectivités départementales. Dans le Var, où les chiffres sont en progression constante, tout comme dans le Vaucluse. Même les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, avec une explosion de l’usage entre 2022 et 2023, sont concernées. Dans le premier territoire évoqué, on grimpe de 4,21‰ à 5,94‰, tandis que dans le second, on passe de 4,41‰ à 5,48‰.
Les Alpes-Maritimes s’en sortent un peu mieux
Si l’on veut trouver un aspect positif, il faut se tourner vers les Alpes-Maritimes. C’est là que les forces de l’ordre ont observé le moins de faits liés à la consommation de stupéfiants (4,7‰ en 2023). Le nombre de cas s’est néanmoins accentué, car ils étaient de 4,34‰ en 2022 et 3,44‰ en 2016.
Même le trafic de drogue se stabilise, oscillant depuis que les données sont publiées entre 0,7‰ et 0,92‰. Entre 2023, il atteignait 0,9 pour 1.000 résidents. Un fléau qui est le principal cheval de bataille des autorités, en particulier de Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur.
Quel plan de bataille pour y remédier ?
Lequel a fait suivre ses consignes aux préfets, et donc à Hugues Moutouh pour le territoire maralpin. En février dernier, le haut fonctionnaire a présenté son « plan de restauration de la sécurité du quotidien ». Un document comprenant une photographie plutôt complète du narcotrafic azuréen.
En plus de livrer quelques statistiques compilées par les services ministériels du SSMSI, que nous vous présentions dans cet article, le texte revenait sur la stratégie employée pour endiguer le phénomène.
On y retrouve par exemple les opérations « place nette », au nombre de 1629 en 2024. Suite à ces actions, plusieurs tonnes de produits illégaux ont été saisies.
L’an dernier, le total des gardes à vue et des trafiquants mis en cause a augmenté de respectivement 9,04 et 38%. Plusieurs solutions sont évoquées pour réduire l’influence du narcotrafic, avec beaucoup de généralités, mais aussi la création d’une cellule de coordination anti-drogues, sous la responsabilité du préfet et des procureurs de Nice et Grasse. Reste à connaître les moyens financiers et humains mis en place pour y parvenir.





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