Début juillet, une action conjointe, menée entre les autorités françaises et italiennes, a permis de mettre la main sur plus de 2,5 millions d’euros de biens sur la Côte d’Azur. Il est notamment question de maisons et d’appartements.
Ce n’est plus un « fantasme », comme l’expliquait Laurent Martin de Frémont dans nos colonnes le 27 avril 2025. Patron du syndicat policier Un1té, il dénonçait le développement à Nice de « réseaux criminels tentaculaires » et de « presque-mafias ».
Une prise de parole qui confirmait un rapport de la direction antimafia italienne paru au début de l’année. Ce dernier mettait en exergue les activités du célèbre groupe ‘Ndrangheta sur la Côte d’Azur.
Mardi, le parquet de Marseille a partagé un communiqué informant d’une opération conjointe de la France et de l’Italie, avec Europol, entre le 3 et 4 juillet. Elle visait une organisation criminelle soupçonnée d’avoir des liens avec la Camorra, que l’on retrouve surtout à Naples. L’enquête, sous le chef de blanchiment aggravé, est conduite par l’unité spéciale de la Section de Recherches de la ville phocéenne.
Un suspect interpellé
C’est elle qui est chargée de lutter contre le crime organisé en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ici, elle devait mettre au jour un vaste réseau de blanchiment d’argent et saisir les avoirs réinvestis par les malfaiteurs en France.
Un mécanisme qui leur permettait, grâce à des sociétés-écrans dans l’Hexagone, l’Italie, l’Allemagne et la Tunisie, d’acheter des biens immobiliers.
Ainsi, ont été récupérés sur le territoire azuréen, « une maison, quatre appartements et onze places de parking, pour une valeur de plus de 2,5 millions euros », selon Nicolas Bessone, procureur de la République à Marseille, cité par France 3 régions. Par ailleurs, un individu a été localisé dans les Alpes-Maritimes et arrêté. Aujourd’hui, l’enquête se poursuit, avec une collaboration entre les enquêteurs français et italiens.
Dissimuler des revenus illégaux
Un cas qui n’est pas sans rappeler bon nombre d’affaires du même genre dans le Sud du pays. Avec un mode opératoire qui consiste à blanchir de grosses sommes via des entreprises fictives. Elles leur permettaient de simuler des revenus légaux dans les secteurs de la construction, de la fabrication d’aluminium ou de la vente d’automobile. Mais les policiers sont parvenus à remonter le fil et ainsi arriver à des comptes bancaires.
Cette délinquance mafieuse inquiète également en Corse. Sur l’Ile de Beauté, des groupes cherchent, en infiltrant des sphères politiques, économiques et sociales, à dominer des filières lucratives. BTP, immobilier, hôtellerie ou encore la restauration sont concernés. De quoi alarmer les autorités, en particulier pour ce qui est des ramifications débusquées en Provence-Alpes-Côte d’Azur.





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