La commune prévoit d’exproprier la Halle Raiberti négligée, estime-t-elle, par sa propriétaire privée. Avec la reprise en main de la Gare du Sud, elle aussi dans la panade, la municipalité reprend la main quartier de la Libération.
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La phrase exclamative, inscrite au stylo plume, achève une missive non moins remontée. Le 2 septembre dernier, par un courrier dont Nice-Presse a obtenu une copie, la mairie informait leur propriétaire privée que la saisi des Docks de la Riviera est imminente.
La Halle Raiberti, on l’évoquait au cours de ce reportage, début 2024 : « La mythique cité marchande inaugurée en 1921 perdure depuis plus de cent ans. Un parfum d’antan, qui sent bon la Nice des années 1930, à l’angle de la rue Flaminius Raiberti. Avec sa façade ocre, son appellation qui en jette, et ses commerçants attachants, elle fut édifiée entre les deux guerres. Restée authentique, elle contribue à l’âme du quartier, au même titre que le marché de la Libé, malgré une notable perte de vitesse. »
Perte de vitesse, voilà que nous avions manié l’euphémisme. De vrais travaux de rénovation se font attendre et son attractivité contrariée a vu plusieurs affaires prendre la poudre d’escampette. Cela étant, dernièrement, des nouveaux venus, très bien accueillis, étaient revenus prendre le flambeau.
Las, ça ne suffit pas à redresser la barre. Le premier adjoint au maire Anthony Borré en avisait la propriétaire, Françoise Boutry, à la rentrée.
« Dégradation »
« Par un courrier du 6 décembre 2024, je vous avais fait part de la vive préoccupation de la Ville face à la dégradation de la halle dont vous êtes la propriétaire ».
« Il n’a été constaté, depuis nos échanges, que peu d’évolution et surtout l’absence de projet pour redynamiser ce site » dénonce le bras droit de Christian Estrosi. « De fait, les conditions de travail des commerçants restent particulièrement préoccupantes ».
Et d’enfoncer : « ceci est totalement inacceptable et je vous informe que face à cette situation, nous envisageons de proposer au prochain Conseil municipal d’approuver le principe d’une déclaration d’utilité publique pour expropriation, au motif d’intérêt général », tel que Nice-Matin l’indiquait aussi ce week-end.
Qu’adviendra-t-il des lieux ? La municipalité n’en dit pas d’avantage. Mais, nous glisse-t-on, « la volonté du maire est de protéger et préserver la halle marchande, tout en ne laissant pas les commerçants dans cette situation ».
Par ailleurs, d’ici au premier trimestre 2026, le gestionnaire privé Iera aura quitté la Gare du Sud, emportant avec lui son concept de « food court ». La Ville y ouvrira un centre culturel inspiré des Franciscaines de Deauville, tel que nous le développions dans nos colonnes mercredi.



Quand on voit le « désastre » de la gare du Sud, quand on voit ce qu’il est devenu de la Cité marchande de Gambetta/Thiers … Qui peut penser du bien de la gestion de la ville ? La quasi totalité de ces petites cités marchandes qui étaient installées dans tous les quartiers de Nice et aujourd’hui remplacées comme à Gambetta/Pessicart ont été livrées principalement par des supermarchés. Adieu les étals des petits producteurs et commerçants. Que le tandem Estrosi/Borré s’occupe des vrais problèmes de cette ville et qu’ils cessent de faire perdre l’âme niçoise … Ils nous ont déjà fait perdre les maraîchers :… Lire la suite »