Municipales 2026 - Arrivée largement en tête du premier tour des municipales à Menton (36,25 %), Alexandra Masson aborde l’entre-deux tours avec confiance. Depuis son domicile, la députée du Rassemblement national a reçu Menton-Presse pour évoquer la dernière ligne droite, l’union surprise entre Sandra Paire et Louis Sarkozy mais surtout ses priorités pour la ville.
Comment jugez-vous votre score à l’issue du premier tour ? Avec déception, si l’on regarde la vague bleue marine à Nice ou Cagnes-sur-Mer, ou au contraire avec optimisme, vu votre avance ?
Je le prends très positivement. Nous faisons presque six points de plus que ce qu’annonçait le sondage. Et surtout, on ne peut pas comparer Menton à Nice ou Cagnes-sur-Mer. Là-bas, il y avait des configurations beaucoup plus resserrées. Ici, il y avait cinq listes de droite sur six ! L’électorat avait donc un choix très large. Dans ce contexte, notre score est très solide. Je suis fière de ce résultat et de la dynamique…
Vous avez reçu le soutien, modeste (1,87 %), d’Émilie Ria pour Reconquête. Comme l’avez-vous accueilli ?
Nous avions déjà échangé auparavant, sans avoir exactement la même ligne au niveau national, mais en partageant des fondamentaux. Elle l’a dit elle-même : il faut renforcer le camp des patriotes. Je trouve sa démarche honnête et j’espère que nous pourrons continuer à travailler ensemble. Au moins localement.
Face à vous, il y a désormais deux listes : celle de Florent Champion (DVD) et le nouvel attelage formé par Sandra Paire et Louis Sarkozy (LR et centistes). Craignez-vous ce « front républicain » ?
Pas du tout. Je fais confiance aux Mentonnais. Je pense qu’ils se sont réveillés avec la gueule de bois. Ce « mariage de la carpe et du lapin » ne leur convient pas. Pendant des mois, Sandra Paire a expliqué qu’elle n’était pas politique, qu’elle était indépendante. Et aujourd’hui, elle s’allie avec celui qu’elle ne voit elle-même que comme un « parachuté ». C’est une forme de trahison de ce qu’elle défendait. Les habitants ne sont pas dupes !

Pensez-vous que cela peut vous être même profitable ?
Oui, clairement.
Y a-t-il eu des discussions, au soir du premier tour, avec Sandra Paire, Florent Champion ou Louis Sarkozy ?
Jamais. Avec aucun des trois.
Eux estiment que le maintien de Florent Champion fait vos affaires. Certains parlent même d’un deal. Que leur répondez-vous ?
Qu’ils sont aigris, comme d’habitude. Les seuls qui sont dans des alliances, ce sont eux. La seule que nous cherchons, nous, c’est avec les Mentonnais. Il faut les convaincre que nous sommes les mieux placés pour gouverner la ville.
LES PRIORITÉS D’ALEXANDRA MASSON
Si vous êtes élue, seriez-vous prête à travailler plus tard avec d’autres oppositions ?
Oui, avec toutes celles qui seront constructives et avec lesquelles nous aurons des points d’accord. Mais maintenant, l’urgence, c’est de gagner et de remettre la ville en ordre de marche.
Quelles sont vos priorités sur ces derniers jours de campagne ?
Nous sommes sur le terrain en permanence : tractages, réunions de quartier, rencontres, interviews, débat… Jeudi, nous tenons aussi un grand meeting avec Jean-Philippe Tanguy et Bryan Masson depuis notre permanence. Nous sommes dans une dynamique de victoire.

Vous avez déjà fait venir Jordan Bardella et Éric Ciotti avant le premier tour, et cette fois Jean-Philippe Tanguy pour votre meeting. Est-ce que cela ne donne pas le sentiment d’une élection très nationalisée, presque déconnectée des enjeux locaux ?
Pas du tout. Ils montrent que nous ne serons pas isolés. Un maire doit savoir travailler avec Paris, la Région, le Département. Nous avons besoin de relais, de partenaires, de soutiens. C’est un vrai enjeu pour être efficace par la suite.
Vos premières décisions si vous êtes élue ce 22 mars ?
D’abord, trois audits : ressources humaines, le juridique et le financier. Il faut un état des lieux clair. Ensuite, nous attaquerons les grands dossiers. Le logement, la sécurité, la propreté, l’attractivité économique. Tout est prêt, dans notre programme.
Vous maintenez votre objectif d’augmenter de 80 % les effectifs de police municipale, que vos adversaires jugent « irréaliste » ?
Oui, c’est nécessaire. Les Mentonnais le demandent. Il faut renforcer, mais aussi créer des brigades qui n’existent pas aujourd’hui, comme une maritime, une cynophile ou encore contre les incivilités. La cité a deux ports et n’a pas de brigade maritime. Ce n’est pas normal !

Sur la gestion de ces ports, votre position diffère de celle de vos adversaires. Quelle est-elle ?
Je considère que la SPL n’a plus vocation à rester en l’état. Il faut d’abord reprendre la main, auditer, puis réfléchir à une nouvelle organisation, dans le cadre plus large de la requalification de tout le secteur Rondelli-Garavan jusqu’à la frontière italienne.
Menton a perdu en dynamisme ces dernières années. Comment comptez-vous relancer rapidement son attractivité ?
Il faut travailler sur deux axes. Le tourisme « quatre saisons » et l’économie. Je veux créer une vraie délégation à l’attractivité, aller chercher les enseignes qui manquent, redynamiser certains quartiers et remettre de l’ordre dans les zones d’activités. Il faudra aussi savoir mobiliser des partenariats public-privé sur certains projets.
Et l’arrière-pays ?
Notre territoire vit entre mer et montagne. Il faut mieux relier le littoral, l’arrière-pays et même le Piémont italien. La réouverture du tunnel de Tende change la donne. Il y a là un vrai potentiel pour le tourisme de qualité.
Les relations avec l’Italie et même Monaco sont un enjeu ?
Menton est dans un triangle exceptionnel avec l’Italie et Monaco. C’est une richesse économique, culturelle et touristique. Il faut s’appuyer dessus beaucoup plus fortement, y compris pour des projets comme la candidature UNESCO autour des jardins d’exception.
La participation a été plutôt bonne à Menton. Comment allez-vous parler aux abstentionnistes ?
Nous allons les chercher un par un. Beaucoup de gens hésitent au premier tour et se décident au second. Nous leur disons une chose simple : le choix qui sera fait maintenant engagera la commune pour sept ans. Et à Menton, ce tournant est majeur.
Pourquoi ?
Parce que la ville sort d’années très difficiles. Les Mentonnais savent qu’il faut tourner une page. Le grand changement, il se présente maintenant. Et il ne faut pas le rater.



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