Président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie dans le pays mentonnais, Nicolas Flament aborde l’été 2026 avec confiance. Dans Menton-Presse, le gérant de l’Hôtel Gabriel détaille sa vision pour renforcer l’attractivité de la destination, dont il estime le potentiel « immense ».
Comment s’annonce la saison estivale ?
Le cru 2026 s’annonce bon. Nous avons fait une très belle entame. La saison démarre réellement avec la Fête du citron. Et cette année, elle a particulièrement bien fonctionné. L’organisation a été bien menée, sa notoriété continue de progresser et nous avons été gâtés par la météo.
On a enchaîné avec les événements à Monaco. Le Grand Prix de Formule 1, décalé début juin, nous faisait peur au départ. Finalement, le lissage a du sens. On avait une demande significative fin mai, notamment avec des motards et des passionnés d’automobile qui font la Route des Grandes Alpes.
Menton peut-elle devenir une vraie destination « à l’année » ?
Sa notoriété progresse, mais il ne faut pas oublier son histoire. Le tourisme sur la Côte d’Azur a commencé à Nice et à Menton. Historiquement, c’est une destination balnéaire thérapeutique. Aujourd’hui, nous sommes dans un nouveau cycle, avec une commune qui a énormément d’atouts : elle est authentique, élégante, lumineuse, avec des jardins incroyables et une vieille-ville très graphique. Mais il faut retravailler son identité balnéaire…
Comment ?
Il ne s’agit pas seulement d’être au bord de la mer. C’est un savoir, un lifestyle, des activités nautiques, un littoral entretenu, des plages privées, une communication autour de ce positionnement. Il ne faut pas non plus avoir peur du mot « tourisme » !

Il n’est pas possible de faire du surtourisme ici, car nous n’avons pas la capacité d’accueillir un nombre disproportionné de visiteurs. Nous avons une quinzaine d’hôtels, donc un nombre de chambres limité. L’enjeu n’est pas de faire venir toujours plus de monde, mais de faire monter en gamme et d’allonger les séjours.
Qu’attendez-vous de la nouvelle municipalité d’Alexandra Masson ?
Les hôteliers ont engagé des capitaux, et ils ne s’y trompent pas. Il y a eu environ 50 millions d’euros privés investis dans le parc mentonnais. Beaucoup d’établissements ont été rénovés. On voit aussi des rénovations à Beausoleil, à Roquebrune-Cap-Martin, sur le territoire de l’agglo. Cela veut dire que les acteurs économiques croient au potentiel. Ce que nous attendons, c’est une communication plus efficace.
Comment le territoire peut-il se démarquer dans une région qui ne manque pas de coins incontournables ?
On vient à Menton pour son climat, ses façades, son élégance, mais aussi parce que la ville est à proximité immédiate de Monaco et de l’Italie. C’est un atout stratégique énorme.
Si un particulier vend une maison, il dira qu’elle est à huit minutes de Monaco, à une minute de la plage de Menton et à vingt minutes de Sanremo. Ce n’est pas réducteur. C’est être efficace. Il faut d’abord attirer le touriste avec les forces les plus lisibles. Ensuite, une fois qu’il est sur place, c’est notre travail, et celui de l’office de tourisme, de lui faire découvrir les villages, l’arrière-pays et l’ensemble du territoire.
Monaco et l’Italie sont-ils indispensables à l’attractivité de Menton ?
Bien sûr. Les visiteurs viennent aussi parce qu’ils peuvent aller sur le Rocher faire du lèche-vitrine, déjeuner ou dîner, et parce qu’ils peuvent passer la frontière pour goûter à la Dolce Vita de Vintimille. Les étrangers restent en moyenne trois nuits chez nous. L’objectif, c’est d’allonger cette durée de séjour.
Si on les garde un peu plus longtemps, ils iront aussi à Gorbio, à Sainte-Agnès, à Sospel et dans les villages autour. L’Italie est en pleine montée en gamme. Vintimille investit énormément, Sanremo aussi. Il y a de beaux projets avec les professionnels de l’hébergement, des ports, du yachting, de nouveaux concepts. Nous devons penser dans ce triangle naturel : Menton, Monaco, Italie.
Les meublés touristiques de type Airbnb sont-ils devenus un problème ?
Oui, c’est un fléau, parce que cela dénature la ville. À Menton, ils représentent environ 10 % des logements. C’est largement supérieur à la moyenne nationale. Moins d’habitants à l’année, cela veut dire moins de consommation globale. Contrairement à Cannes, la majorité du parc hôtelier et des restaurateurs mentonnais ferment seulement quelques semaines par an.

Notre priorité, ce n’est donc pas seulement de recruter des saisonniers, mais de conserver et d’accueillir des collaborateurs à l’année. Or, beaucoup de petites surfaces sont proposées comme logements étudiants puis récupérées l’été pour de la location courte durée. La législation donne aujourd’hui aux communes la possibilité d’agir. Il faut réguler !
Comment faire monter Menton en gamme sans perdre son identité ?
Il ne s’agit pas de se transformer « en Saint-Tropez ». Mais il nous faut une offre de restauration diversifiée, des plages de qualité, du tourisme d’affaires, des événements professionnels plus adaptés…
Nous avons des actifs incroyables : le Palais de l’Europe, le musée, le secteur Rondelli, le bord de mer. Il faut les rendre plus efficaces. J’ai senti chez Alexandra Masson une volonté ferme d’accompagner un tourisme plus mesuré, mais qui monte en gamme.





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