Un jeune homme de 21 ans a été condamné lundi à Nice à sept ans de prison, dont six fermes, pour avoir mortellement percuté un pompier volontaire sur la Promenade des Anglais le 25 juin 2024. Le conducteur roulait à au moins 108 km/h et a grillé deux feux rouges après avoir inhalé du protoxyde d’azote au volant…
Une Mercedes fendant la nuit à pleine vitesse, deux feux rouges ignorés et un conducteur dont la conscience s’évapore soudainement. Le décor tragique s’est figé sur l’asphalte de la Promenade des Anglais peu après minuit.
Marvin R., un jeune homme âgé de 21 ans, revenait alors d’une soirée passée dans la commune d’Antibes en compagnie de trois de ses amis. Installé au volant du véhicule appartenant à sa mère, le conducteur décide de s’arrêter un instant sur le trajet du retour.
Il ne consomme ni alcool ni stupéfiant au cours de cette halte nocturne. Il choisit en revanche de récupérer une bonbonne de protoxyde d’azote préalablement rangée dans le coffre de la voiture.
À la barre du tribunal de Nice ce lundi, ce solide barbu au teint pâle et aux longs cheveux noirs tente d’expliquer l’enchaînement des faits. « Je cherchais à m’amuser. J’avais essayé pour la première fois trois semaines plus tôt, ça m’avait fait rigoler mais pas perdre le contrôle », livre-t-il devant la salle d’audience.
Mais les effets du gaz hilarant s’emparent très rapidement de son organisme. Le prévenu décrit une perte totale et subite de ses capacités physiques. « J’ai commencé à avoir chaud, à sentir des fourmis. J’ai posé la tête sur l’appui-tête, comme si j’étais éteint. Et je ne me rappelle plus de rien avant le choc », poursuit-il calmement face aux magistrats.
À ses côtés dans l’habitacle, le passager avant assiste à la dérive de la trajectoire. Absent lors de cette audience, ses déclarations faites aux enquêteurs glacent le sang. « Il ne contrôlait plus rien, j’ai paniqué. Je l’ai touché pour lui dire de ralentir, je pense qu’il ne sentait rien », avait confié ce témoin direct des derniers instants avant l’impact.

Un secouriste violemment percuté sur la chaussée
Lancé à une vitesse incontrôlée de 108 km/h au minimum, le chauffard finit sa course aveugle en percutant de plein fouet un scooter qui vient tout juste de s’engager sur la célèbre artère longeant la mer.
Sur ce deux-roues se trouve Jérémie Boulon, un pompier volontaire investi, âgé de 41 ans. Le secouriste rentrait paisiblement chez lui après avoir assisté à une soirée organisée en l’hommage d’un collègue décédé.
Sous la violence inouïe du choc, la victime est projetée à plus de 60 mètres du point de collision. Des collègues de caserne qui circulaient avec lui tentent l’impossible pour le sauver. Malgré des manœuvres de réanimation engagées immédiatement sur place, le quadragénaire succombe très rapidement à ses blessures.
Le non-respect du contrôle judiciaire lourdement sanctionné
Le parquet avait initialement requis huit années de détention ferme, s’approchant de la peine maximale de dix ans encourue pour un homicide involontaire. La justice a finalement tranché en condamnant le jeune homme à sept ans de prison, dont six années assorties d’une incarcération ferme.
Le parcours du mis en cause depuis la nuit du drame a lourdement pesé dans la balance. D’abord placé sous un strict contrôle judiciaire, avec une interdiction de conduire ou de sortir la nuit, il a finalement été envoyé en cellule. En septembre 2025, un contrôle routier nocturne le surprend au volant d’une voiture, contrôlé positif au cannabis et à la cocaïne, précipitant son placement en détention provisoire.
La colère et les larmes des proches de la victime
Face aux proches dévastés du secouriste, le responsable de cet accident s’est exprimé depuis le box des accusés. « Je m’en veux énormément, j’ai honte de moi », a-t-il murmuré, sans parvenir à convaincre l’assistance.
Dans le public se trouvaient des dizaines de personnes, en majorité des amis et des collègues, tous vêtus d’un t-shirt blanc réclamant « Justice pour Boulon ». Dans le silence lourd de la salle, seulement brisé par des pleurs, la famille endeuillée a pu faire entendre sa voix.
La mère de la victime, sa compagne et ses deux filles de 11 et 13 ans ont partagé leur immense douleur couplée à une colère légitime. Prenant la parole, la compagne du pompier a résumé l’étendue vertigineuse de leur drame par des mots définitifs.
« Nous avons pris perpétuité. Que cette peine soit un modèle, que les irresponsables comprennent qu’un permis de conduire n’est pas un permis de tuer », a-t-elle lancé pour clore les débats.
Ce qui est important
- La peine prononcée, avec six ans de prison ferme sur les sept requis, illustre la sévérité de la justice locale face aux conduites irresponsables sous protoxyde d’azote.
- Le drame expose les conséquences physiques directes de cette drogue récréative au volant, capable de plonger un conducteur dans l’inconscience totale en quelques secondes.
- Le placement en détention provisoire ultérieur du prévenu, arrêté positif à la cocaïne et au cannabis, rappelle les limites du respect du contrôle judiciaire chez certains multirécidivistes.
Nice-Presse avec agence



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