À la Libération, l’effigie dorée attire l’œil des passants autant qu’elle crispe l’opposition niçoise. Sommée de faire disparaître ce vestige clivant des années Estrosi, la nouvelle municipalité soutenue par le RN multiplie, ces dernières semaines, les gages « d’ouverture et modération ».
Une statue controversée peut en cacher une autre ! Cette semaine, Éric Ciotti (UDR) a tranché. Certes, son adjoint à la culture Auguste Vérola ouvrait la voie, sur le plateau de BFM Nice, au retrait de la structure #ILoveNice, installée sur Rauba Capeu depuis l’attentat de 2016. Mais la municipalité n’y touchera pas. Le débat continue autour d’une autre oeuvre, cette fois près du quartier de la Libération.
À la Libération, cette sculpture dorée du mandat Estrosi que la gauche niçoise veut faire disparaître
Son inauguration en 2024 avait lancé une vaste, longue, et parfois pénible polémique lors du mandat précédent, celui de Christian Estrosi. La régie métropolitaine des parkings avait commandé une effigie dorée de Jeanne d’Arc, pour orner le jardin éponyme. Un épisode juridique passé, c’est le symbole même de la sainte qui avait agacé la gauche.
Certains y avaient vu une « atteinte à la laïcité ». D’autres, un « clin d’oeil à l’extrême droite ». C’est toujours le cas aujourd’hui. Ainsi, le 2 mai dernier, l’un des orateurs départementaux de La France Insoumise communiquait sur les réseaux sociaux : « Conseil à Auguste Verola et à Éric Ciotti. Il y a un autre monument à déboulonner et qui symbolise tout autant le bilan Estrosi. C’est la statue de Jeanne d’Arc que ce champion du monde, Antifa d’entre les deux tours, a offert à toutes les nuances d’extrême droite à Nice. Go !»
Olivier Salerno avait déjà défendu cette année, en mai 2025, que « Renaud Muselier (le président de la Région Sud), Estrosi, Ciotti and co. sont complètement matrixés (sic) par le délire trumpiste. Ça se revendique gaulliste et fils de résistants et ça fait monter l’extrême droite en flèche. À Nice, c’est derrière la statue de Jeanne d’Arc voulue par Estrosi que les fachos ressortent. »
« C’est refuser de renier notre histoire »

Le collectif citoyen « Viva !» avait pointé du doigt le profil des sculpteurs. L’Atelier Missor est en effet connu pour ses « positions identitaires ». L’association avait vu dans cette installation par un satelite de la Métropole une véritable « provocation ».
Gaël Nofri, le précédent président des Parcs d’Azur, à l’origine de la commande, s’en était expliqué dans Nice-Presse, l’année dernière : « Jeanne d’Arc a trop longtemps été confisquée. Pourtant, c’est une femme, chevalier, portée par l’espérance et le refus du renoncement. Une figure profondément républicaine : c’est la IIIe République qui a demandé sa canonisation !»
« Commémorer Jeanne d’Arc, comme nous l’avons fait, ce n’est pas faire de la politique politicienne. C’est refuser de renier notre histoire, c’est affirmer qu’elle appartient à tous. Quand on n’est plus capable de dire qui nous sommes, on court vers l’éclatement. Le commun s’effondre. »
Éric Ciotti dit prôner « rassemblement et dialogue »

Depuis l’élection d’Éric Ciotti, soutenu par le RN, la gauche azuréenne réemploie le vocable du combat moral. Ainsi, LFI avait appelé après son investiture à la « résistance », tout comme le PCF niçois, qui parlait « d’antifascisme ».
De son côté, l’édile a promis de tendre la main aux « opposants de bonne volonté ». Ainsi, il a appuyé le maintien à la tête du Théâtre national d’une personnalité qui s’était investie dans la campagne de son rival, a confié la présidence de la Commission des finances à l’élu PCF Julien Picot, et a annoncé l’achat d’une… statue (là encore) d’un résistant communiste, Max Barel, pour l’entrée du Port Lympia. Résistance dans laquelle la famille du nouveau maire était mobilisée.





Cette statue dorée est une horreur, et son financement par les contribuables une honte. En la supprimant, Ciotti pourrait se payer à mon compte son prédécesseur et ex-boss.