Municipales 2026 - Deux hommes, dont un ancien policier à la retraite, ont été placés en garde à vue mercredi dans l’enquête sur la tête de porc retrouvée devant le domicile du maire de Nice. Elle s’oriente désormais vers une possible « manipulation issue de son propre camp ». Pour l’heure, il n’y aurait pas d’éléments accréditant une implication de Christian Estrosi. Plusieurs membres de son entourage ont été entendus par les forces de l’ordre, sans être mis en examen. Ses opposants politiques ne semblent pas concernés.
Devant le domicile du maire de Nice, la découverte avait immédiatement frappé les esprits. Le 27 février au soir, Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat municipal, trouve devant chez lui une tête de porc accompagnée d’une affiche comportant une étoile de David et une insulte.
L’événement intervient en pleine campagne électorale, marquée par une rivalité particulièrement tendue avec son adversaire, le député UDR Eric Ciotti, allié du Rassemblement national et donné favori dans les sondages.
Un policier convoqué
Mercredi, le procureur de Nice Damien Martinelli a annoncé que quatre nouvelles personnes, toutes de nationalité française, avaient été entendues dans ce dossier.
Deux femmes nées en 1963 et 1967 ont été placées en garde à vue avant que la mesure ne soit rapidement levée, dans l’après-midi. En revanche, celles concernant deux hommes ont été prolongées et pourraient durer jusqu’à 48 heures.
Les suspects sont âgés d’une quarantaine d’années pour l’un et de 79 ans pour l’autre. Selon une source proche du dossier confirmant une information du Parisien, le septuagénaire est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST), aujourd’hui retraité et reconverti en détective privé, et que Christian Estrosi aurait connu (ce qu’il « dément formellement »). Le procureur n’a donné aucune indication sur leur rôle éventuel dans cette affaire.

Pour l’heure, « pas d’éléments indiquant une implication de Christian Estrosi »
Au fil de l’enquête, la piste d’une implication étrangère semble s’éloigner. Selon plusieurs sources proches du dossier, les investigations s’orientent désormais vers l’hypothèse d’une « manipulation provenant du camp de Christian Estrosi ».
Mais à ce stade, les enquêteurs ne peuvent toutefois pas déterminer si le maire de Nice avait connaissance ou non d’une telle opération : « tout ça gravite autour d’un point central, après il faut démontrer si ce point central est actif ou pas », ajoute la même source.
Par la voix de son avocat, l’édile conteste toute responsabilité : ainsi, il « réaffirme haut et fort être victime d’une tentative de déstabilisation », a déclaré Me Olivier Baratelli dans un communiqué transmis mercredi soir.
Une collaboratrice municipale entendue, « mais pas mise en cause »
La semaine précédente, l’exploitation du téléphone de l’un des suspects avait révélé des communications répétées avec une proche collaboratrice. Selon elle, l’un des suspects l’aurait approchée pour lui proposer de « booster les réseaux sociaux du maire-candidat ». L’intéressée avait été entendue comme témoin simple, sans être mise en examen, ni alors considérée comme mise en cause, tel que veut le souligner son avocat, Me Paul Sollacaro.
Son nom avait d’ailleurs fuité dans les médias presque immédiatement après son audition libre chez les forces de l’ordre. Des méthodes qui ont entraîné le dépôt d’une plainte pour violation du secret de l’instruction…
Christian Estrosi avait évoqué une tentative d’infiltration de sa campagne, qualifiant la situation de « barbouzerie ». Me Baratelli a également indiqué que son client était « déterminé, combatif et choqué ».
L’homme d’affaires Stérin accusé sans preuves
Le premier magistrat de la ville avait pointé, sans preuves concrètes toutefois, l’équipe de son rival Eric Ciotti ainsi que l’homme d’affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin. Ce dernier a réfuté toute implication et annoncé vouloir déposer plainte pour « diffamation ».
Le député UDR, jamais cité dans les différents éléments de l’enquête connus à ce jour, lui a répondu lors d’un débat TV, diffusé samedi : « la seule équipe de campagne avec laquelle les suspects ont eu des contacts, c’est bien la vôtre. »
La procédure suit son cours, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « provocation publique à la haine ou à la violence à raison de l’origine, la race ou la religion, violences aggravées visant un élu public et accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel ».
Ce qui est important
- L’enquête sur la tête de porc retrouvée devant le domicile du maire de Nice a conduit à de nouvelles gardes à vue, dont celle d’un ancien policier reconverti en détective privé, que l’édile a connu, selon Le Parisien.
- Les investigations semblent désormais écarter la piste d’une implication étrangère et examiner l’hypothèse d’une manipulation venant du camp de Christian Estrosi, sans que des éléments indiquent, pour l’instant, une implication du maire.
- L’affaire intervient en pleine campagne municipale à Nice, dans un contexte de rivalité marquée entre Christian Estrosi et le député Eric Ciotti, favori des sondages.
Nice-Presse avec agence



Le clan Estrosi va d’auto detruir