Municipales 2026 - Avec la baisse des dépenses, Éric Ciotti fait de la lutte contre l’insécurité l’autre grand pilier sa campagne. C’est une experte du sujet qui incarnera ce marqueur.
En aparté, elle montre qu’elle maîtrise déjà le dossier sur le bout des doigts. Chiffres de la délinquance, recul des policiers nationaux, articles des journaux niçois… Consciencieuse, Françoise Souliman a étudié la situation azuréenne de près ces derniers temps.
Un coin qu’elle ne méconnaît pas, puisqu’elle dirigeait le cabinet du préfet des Alpes-Maritimes il y a vingt ans. C’est là qu’elle a commencé à travailler avec Éric Ciotti. Lequel annonçait à la presse locale ce vendredi 21 novembre que cette femme d’État (qu’elle représentait en Meurthe-et-Moselle), « aux valeurs gaullistes », figurera sur sa liste partie à la conquête de la mairie. En cas d’élection, elle serait nommée deuxième adjointe, déléguée à la sécurité.
« J’ai dit oui après quelques hésitations qui ont vite été dissipées » a-t-elle développé ce matin. Récemment, elle était missionnée par l’Elysée dans l’équipe chargée de protéger le futur G7, donné en France l’an prochain. Rien que ça. « Mais Nice est mon choix de coeur » nous assure Françoise Souliman. Désormais, la ville occupe tout son temps.
Je suis très heureux d’annoncer aujourd’hui que Françoise Souliman, grande préfète et jusqu’à peu en charge de la sécurité du G7, nous rejoint en tant que future adjointe à la sécurité ! pic.twitter.com/bd1ZNsa6Ou
— Eric Ciotti (@eciotti) November 21, 2025
Ses missions occuperont une place importante dans le dispositif. Centrale, même ! « Remettre de l’ordre dans la rue sera notre priorité numéro un » pose Éric Ciotti. Qui brosse un portrait terrible de l’insécurité dont les habitants feraient état : « Nice dérape, aucun quartier n’est épargné par la violence. Les cités, Jean-Médecin, le Vieux…»
Quitte à parfois exagérer ? Le candidat n’a pas repris à son compte le chiffre improbable lancé hier par l’une de ses porte-parole à la télévision, « une attaque au couteau commise chaque jour à Nice », pas corroboré par les services de l’État. Peu importe, la danger vécu par les Niçois serait tout de même ce qui remonterait le plus du terrain.
« Ouvrir une antenne de lutte contre les cybermenaces à la mairie »
Pas de grandes nouveautés, puisque le projet sera dévoilé en janvier. Eric Ciotti a pour autant évoqué l’ouverture « d’une antenne de lutte contre les cybermenaces à la mairie, pour mieux aider les entreprises visées ». Parmi ce qui était déjà connu, une campagne de recrutement massive dans la « PM », le recours « au top du top de la technologie et de l’intelligence artificielle » ou encore l’idée de construire des logements communaux pour attirer et loger les policiers nationaux.
Quelques incantations aussi, prévoyant d’obtenir une nouvelle prison (le serpent de mer local) mais aussi, enfin, des dizaines de renforts auprès du ministère de l’Intérieur. Pour lesquels le maire, Christian Estrosi, n’a pas eu de résultats satisfaisants.
Après l’arrivée de Jean-Pierre Rivère, l’ancien président de l’OGCN promis à devenir un éventuel premier adjoint, Eric Ciotti confirme sa volonté de se tourner vers la société civile et « ceux dont les compétences ont été confirmées par une solide expérience » plutôt que vers l’habituel personnel politique maralpin. L’eurodéputé Laurent Castillo (professeur de médecine) et le parlementaire Bernard Chaix (chef d’entreprise), notamment, sont d’ores et déjà annoncés. Prochain rendez-vous ? La présentation d’un comité de soutien le mois prochain. Pas de grand meeting à l’agenda pour l’heure : « dans la proximité, nous assumons de mener une campagne modeste ».
LE PATRON DU RN « PAS DÉÇU »
Le Rassemblement national n’obtient donc pas la très stratégique mission de la sécurité dans la campagne Ciotti. Pourtant, le patron du parti lepéniste en ville, Benoît Kandel, connaît bien la fonction : il l’a exercée avant leur rupture auprès de Christian Estrosi, en tant que premier adjoint, il y a plus de quinze ans. « Je ne suis pas déçu, le job, je l’ai déjà fait » évacue-t-il auprès de Nice-Presse. « J’avais fait de la PM la police des Niçois. Estrosi en a fait la police du maire. Il faut que ça change ». Quel place occuperait-il dans un gouvernement municipal, alors que le RN n’est que peu mis en avant par la campagne ciottiste jusqu’alors ? « Je fais confiance à Éric pour me proposer une délégation dans laquelle je pourrai m’investir, comme celle de la ‘ville intelligente’ ou des transports. La politique prendra toute sa place… Chacun sait que le RN fait de gros scores ici, et que l’attente des électeurs autour de nous est forte ».






