À la fois incarnation d’une certaine innovation touristique, et symbole du poids de l’homme sur l’environnement, Canua Island ouvrira ses portes le 13 juillet au large de Mandelieu-la-Napoule. Un projet qui continue de faire débat.
Elle divise les institutions et les habitants, mais « l’île flottante » Canua Island a bien vu le jour, et accueillera bientôt ses visiteurs. Ce projet est depuis de longs mois sous le feu des projecteurs. Il se concrétisera le samedi 13 juillet, avec son ouverture au public.

Rappelons que la plateforme de 1.750 mètres carrés est posée sur un trimaran qui sera ancré au large de Mandelieu-la-Napoule. Son ambition, offrir des prestations haut de gamme aux 350 personnes qu’elle pourra recevoir.
On y retrouvera principalement une suite de 45 mètres carrés, un restaurant, une piscine d’eau douce et un bar. Coût total de cette construction, 16 millions d’euros.
Région Sud, mairies, État, de nombreux opposants au projet
Mais très vite, à l’annonce de cette nouveauté, des voix se sont élevées contre cette entreprise. Si les fondateurs du bateau géant défendaient une « politique zéro plastique », avec notamment l’utilisation des matériaux naturels durables et recyclables, du biocarburant ou encore l’usage de l’eau de mer (désalinisée puis reminéralisée) pour la consommation des hôtes, les détracteurs ont pointé du doigt un « projet dénué de bon sens », dixit Renaud Muselier.
En plus du président de la collectivité régionale, le maire de Cannes a dénoncé une concurrence déloyale vis-à-vis des commerçants cannois, ainsi que les nuisances probables.
L’État et les associations écologistes ont eux fustigé l’impact écologique d’un tel navire. Ils réclamaient tout simplement l’arrêt du dessein Canua Island. Les hôteliers et les restaurateurs à proximité voyaient eux aussi d’un très mauvais œil cette arrivée.
Parmi les soutiens, le maire de Mandelieu-la-Napoule, qui imagine lui cette création comme une « incarnation de l’innovation et du savoir-faire français ». Sébastien Leroy estime également qu’elle participera à l’attractivité de la localité. Ainsi, fin mai 2023, le patron de la société Canua Smart Island Riviera, Jean-Bernard Falco, affirmait que l’installation était proche et qu’il ne manquait qu’un seul document pour cela, un permis d’armement.
Coup d’arrêt en juin 2023, avant un retour à partir de l’hiver
Sauf que son obtention traîne, d’après l’entreprise, qui avait été obligée d’abandonner un temps le projet le 13 juin 2023. Les employés sont licenciés et les fondateurs sont contraints de rembourser les actionnaires, soit cinq millions d’euros. L’été 2023 est donc synonyme d’inactivité, mais les membres de l’équipe retrouvent espoir lorsqu’en novembre dernier, la justice se place de leur côté. Le tribunal administratif reconnaît que la non-délivrance du permis était illégale. Il leur est attribué sous deux semaines par l’État.
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Si le gouvernement et la préfecture des Alpes-Maritimes tentent d’inverser la donne, le Conseil d’État donne lui aussi raison à l’entreprise. Grâce à ces autorisations, le tout peut être inauguré le 16 mai dernier.
Le 17 du même mois, une vingtaine d’édiles de la Côte d’Azur ont paraphé une tribune pour s’opposer à l’île artificielle. Mais cette action de Christian Estrosi (signataire) et de ses consœurs et confrères n’y changera rien. À partir du 13 juillet, Canua Island entamera sa première saison.






