Municipales 2026 - À Nice, le second tour se jouera en triangulaire avec un Éric Ciotti (UDR-RN) en tête le 15 mars, le maire (LR-Hor) Christian Estrosi à la traîne et une gauche fragile. A Saint-Roch, l’abstention a représenté presque six habitants sur dix dans certains bureaux, le 15 mars. Dans ce quartier, on dit attendre l’alternance. Avec quelques doutes.
VOTRE AVIS SUR L’ACTU - Les auvents rayés de rouge et de blanc s’ouvrent et les étals se parent de fruits et légumes bigarés. Mardi 17 mars, c’est une journée comme les autres au marché de Saint-Roch : tranquille et ensoleillée. Les municipales dans quelques têtes.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ces résultats », souffle Lysia, son caddie à la main. Elle est l’une des rares étonnées par ici. Pour Jeannine, il n’y a « rien de surprenant, surtout ici ». « Ah clairement, c’est un terrain favorable à Ciotti » concède une maraîchère. Le prétendant UDR-RN a survolé le match dans tous les bureaux du secteur.
C’est d’ailleurs dans ce quartier qu’il a annoncé sa candidature, en août 2025. Pour les européennes en 2024, la liste de Jordan Bardella (RN) avait atteint 39 % des voix à l’Est, l’un des scores les plus élevés de la ville.

Il y a ceux qui en parlent le sourire aux lèvres, « bien sûr qu’on a voté et qu’on votera dimanche ! posent Jeannine et son mari Jean-Pierre. Il ne faut pas s’étonner des résultats. Le maire a fait beaucoup trop de bêtises…»
Et ceux qui le revendiquent sans fard : « pour être parfaitement honnête, je suis contente. Et je compte bien voter pour que ça se confirme » opine Marie en croisant les bras.
Un coin de la cité plutôt de droite, mais pas totalement. Cette marchande d’origine tuniso-marocaine le confirme. « Petite j’ai subi du racisme. Qui a envie de voter pour le parti dont les gens nous pointent du doigt ?»
« Le premier tour ne sert à rien »
Sur 344 000 Niçois, 230 000 étaient inscrits pour cette fois. Mais on relève 46 % d’abstentionnistes, 100 000 personnes. Comme pour les municipales de 2014. Presque un électeur sur deux.
C’est le cas de Mohammed. « Je ne voterai pas au second tour non plus. J’ai d’autres priorités à gérer, déclare-t-il, évasif. Et puis, qu’importent les scores, plus rien ne m’étonne ».

Il y en a qui ont une autre stratégie : attendre le ballottage pour s’exprimer. Comme ce couple de commerçants. « Voter au premier tour, ça ne sert à rien. Il ne devrait y en avoir qu’un seul, pour forcer les candidats à être clairs dès le départ » suggère la femme. « Tout peut changer dimanche. Parce que beaucoup font comme nous…»
Un pied à gauche, un pied à droite

Au cœur des préoccupations, l’insécurité. Et ce n’est pas nouveau. Les figures locales qui sont là depuis des années le constatent : « Il y a beaucoup de circulation de drogue. Un matin, j’arrive, il y a une barrière, des policiers devant. Ils ont retrouvé une femme morte dans sa voiture. Une overdose…» Plusieurs habitants ont même alpagué les élus municipaux pour obtenir des solutions. Regrettant le manque de résultats.




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