Municipales 2026 - L’AFP, entre autres, citait hier des sources policières assurant que l’enquête sur l’affaire de la tête de porc s’intéresse à l’entourage de Christian Estrosi, n’écartant pas une « manipulation ». Le maire sortant a dénoncé devant les journalistes locaux « des tentatives de déstabilisation ».
Il espère « tordre le coup à la rumeur », avant de « découvrir au plus vite qui se cache derrière cette machination ignoble ». Christian Estrosi, prétendant à un quatrième mandat de maire de Nice, tenait jeudi une conférence de presse, flanqué de son avocat. Il faut dire qu’à la veille du tout dernier jour de la campagne du premier tour, sa candidature apparaît bousculée par « l’affaire de la tête de porc ».
« Le 27 février, j’ai découvert un cochon décapité accroché à la grille de ma résidence. J’ai immédiatement prévenu la police. J’ai déposé plainte, pour que les images de vidéoprotection (des caméras que j’ai moi-même fait installer) puissent être saisies », rembobine-t-il. Son épouse est juive, son engagement pour Israël est connu, l’émotion fut donc « intense », dit-il, à la découverte d’une affichette comportant une croix de David surmontée d’une injure.
L’ensemble du personnel politique local lui avait alors apporté son soutien. Ça, c’était avant les doutes de certains, « alimentés par des attaques nauséabondes ».
« Les fuites des services de police ont créé le trouble »
Son avocat, Me Gérard Baudoux, embraie. « Des sources anonymes, basées sur de nombreuses fuites émanant des services de police, ont créé le trouble ». C’est le cas, dit-il, pour cette collaboratrice mentionnée dans la presse, et dont l’identité et la photo ont depuis été livrées sur les réseaux sociaux par des comptes masqués.
« Oui, comme on l’a lu, il y eut des contacts entre elle et certaines personnes interpellées. C’est le propre d’une infiltration, dont l’équipe du maire est victime. Cette collaboratrice a été la cible de ces gens-là ». C’est avec le prétexte de lui proposer de l’aide dans la campagne qu’au moins l’un des suspects aurait pris attache avec elle, selon la défense. « Mais aucune charge ne pèse contre elle » appuie Gérard Baudoux.
Qui n’a pas souhaité expliciter les relations qu’entretenait ou non l’élu avec un ex-«espion » placé en garde à vue, selon Le Parisien. « Aucune des personnes mises en examen ou déférées ne sont des proches, de près ou de loin, de Christian Estrosi » promet encore son conseil. Lequel renseigne que son client « n’a pas été convoqué par les policiers, mais leur réserve ses réponses ». Nice-Matin évoque une réunion organisée avec certains des mis en cause, ce qu’il n’a pas commenté.
Ciotti et Estrosi s’accusent mutuellement dans « l’affaire de la tête de porc », une semaine avant les municipales 2026 à Nice https://t.co/0LFzwwyX6T pic.twitter.com/b3oZe9Vc6C
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) March 8, 2026
Déstabilisation ?
Lors d’un récent débat télévisé, l’édile avait pointé un homme d’affaires conservateur, Pierre-Edouard Stérin. Des accusations qu’il n’a pas réitéré, ne citant aucune hypothèse particulière, hormis « l’ultra droite et ses relais médiatiques ». Maître Baudoux s’en dit certain, « l’objectif était de totalement déstabiliser Christian Estrosi. Ceux qui ont agi, par malveillance ou en se croyant malins, l’ont forcément fait sans que mon client ne soit informé de quoi que ce soit ».
L’avocat s’est également montré très agacé des attaques du rival politique Éric Ciotti, qui avait notamment comparé la situation à un faux attentat que François Mitterand était soupçonné d’avoir organisé contre lui-même en 1959…
Le premier magistrat de la ville a souhaité conclure par une mise en garde : « ce qui arrive ces derniers jours nous montre les menaces qui pèsent sur Nice ».
Information judiciaire ouverte
Rappelons que deux hommes ont été placés en garde à vue mercredi, en plus de précédentes arrestations. L’AFP notait hier que l’enquête s’orienterait désormais vers une possible « manipulation issue du propre camp de Christian Estrosi, que lui-même ignorait peut-être ». Raison de la présente déclaration aux médias, en forme de démenti catégorique. Un temps citée, la piste d’une implication étrangère semble s’éloigner.
La procédure suit son cours, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « provocation publique à la haine ou à la violence à raison de l’origine, la race ou la religion, violences aggravées visant un élu public et accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel ».
Les Niçois voteront dans un peu plus de quarante-huit heures pour l’élection municipale.
Municipales 2026, qui sont les candidats déclarés à Nice ?
- Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons)
- Éric Ciotti (UDR-Rassemblement national)
- Juliette Chesnel-Le Roux (Socialistes, communistes, Verts)
- Mireille Damiano (La France Insoumise, Viva)
- Céline Forjonnel (Démocratie directe)
- Cédric Vella (Reconquête)
- Estelle Jacquet (Lutte ouvrière)



« tel est pris qui croyait prendre ». ? 🇨🇵