Devant le tribunal de Nice, des peines allant de 12 à 18 mois d’emprisonnement ont été demandées vendredi contre cinq policiers accusés de violences et de discrimination envers deux trafiquants de drogue tunisiens. Ces sanctions incluraient également une interdiction d’exercer leurs fonctions.
Les faits remontent au 22 juillet 2025, lorsque les agents avaient procédé à une interpellation dans le quartier chaud des Moulins. Durant le transfert en fourgonnette jusqu’au commissariat, ils auraient multiplié insultes, moqueries, violences et humiliations en raison de la religion ou de l’origine des personnes.
Ces agissements ont été mis au jour grâce à un enregistrement discret réalisé par l’un des interpellés, avec son téléphone portable.
L’un des éléments clés du dossier concerne un Coran retrouvé dans le sac d’un des trafiquants. D’après l’accusation, les policiers s’en seraient servis pour l’humilier, allant jusqu’à en déchirer des pages pour les transformer en boulettes et les lui introduire dans la bouche.
Sur la bande sonore diffusée lors de l’audience, on entend des cris, des pleurs, des coups, ainsi qu’un policier proférant plusieurs insultes racistes à l’encontre de l’homme interpellé.
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« De bons fonctionnaires sans antécédent judiciaire »
Les prévenus, qui ont nié avoir commis des violences tout en reconnaissant partiellement certaines injures, ont assuré que le Coran évoqué n’existait pas. Ils affirment qu’il s’agissait d’un simple document trouvé dans une poubelle le matin même et qu’ils auraient, selon leurs termes, fait « une mauvaise blague » à l’individu pour « l’embêter ».
L’homme visé par ces agissements était présent à l’audience. Il purge actuellement une peine de 18 mois de prison pour vol en réunion, assortie d’une interdiction du territoire de dix ans. Le second interpellé, également concerné par l’affaire, ne s’est pas constitué partie civile et n’était pas présent lors du procès.
« Ce sont de bons fonctionnaires sans antécédent judiciaire ou disciplinaire mais est-ce que vous avez encore confiance en eux, est-ce que vous voulez les revoir sur la voie publique ? », a interrogé le procureur en s’adressant aux cinq policiers âgés de 30 à 48 ans, dont l’un compte trente années de service.
Pour sa part, l’avocat Éric Borghini a vivement réagi aux réquisitions, déclarant : « Ces réquisitions sont hallucinantes, vous avez requis la peine de mort, la peine de mort civile peut-être mais la peine de mort quand même ». Il a dénoncé une situation où, selon lui, « un trafiquant de drogue sous OQTF serait mieux traité que des fonctionnaires de la police nationale ». Le tribunal rendra sa décision le 10 novembre.
Avec AFP






