"Ils font Nice" : chaque semaine, nos figures locales mises en vedette dans Nice-Presse

Depuis 1995, Marie Gallon est installée au marché aux puces de Nice. Nappes, rideaux, torchons… Ici, elle vend du linge de maison ancien. Véritable passionnée, elle continue d'exercer une profession qui s'interroge sur son avenir. 

Comment avez-​vous commencé ? 

Avant j'étais comptable, j'ai arrêté de travailler quand mon fils est né. Une fois qu'il a été à l'école, j'ai eu cette idée de me lancer dans la brocante, avec comme spécialité le linge de maison ancien ! Je fais ce métier depuis 1982, ici depuis 1995. 

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Photo : Nice-Presse

J'ai commencé sur le boulevard Risso. Avant, c'était là que s'organisait la brocante, avant l'ouverture du Village Ségurane. Je suis là du mardi au samedi, et le lundi sur le Cours Saleya. 

"J'adore mon travail ! On est libre, on rencontre des gens…"

Que proposez-​vous ?

Des trous­seaux qui ont appartenu à diffé­rentes familles : ils étaient préparés pour les mariages. On retrouve tout ce que l'on utilisait dans la maison : les draps, les nappes, les rideaux, les torchons ou encore les couvre-lits… 

Cela fait quarante ans que je fais ça. C'est vraiment devenu une passion. La preuve : j'ai largement dépassé le stade de la retraite, mais je continue. J'adore mon travail ! On est libre, on rencontre des gens… 

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Photo : Nice-Presse

Des anecdotes ?

On a vu beaucoup de personnes connues venir aux puces, ou sur le Cours Saleya, qu'elles soient du cinéma ou du théâtre… De mon côté, par exemple, j'ai vendu à Catherine Deneuve, mais aussi à des actrices améri­caines comme Liza Minnelli. 

C'est sympa, mais ce qui me marque le plus, ce sont les rencontres avec les gens qui ont le même amour du tissu, du savoir-​faire, du travail, de la broderie… Je ne l'oublierai pas.

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Photo : Nice-Presse

Comment évolue ce milieu ? 

On constate qu'il y a moins de passion qu'avant chez nos clients. Autrefois, ils venaient pour trouver quelque chose de vraiment parti­culier, de bien précis. On échan­geait sur le modèle, la matière… Maintenant, ce sont plus des questions autour du prix. Concernant la fréquen­tation ici, ça reste assez régulier, enfin du moins pour moi. D'ailleurs depuis le Covid, je travaille encore mieux. 

En revanche, concernant le métier de brocanteur, il se perd. Essentiellement des personnes âgées, ou alors ce sont des jeunes qui prennent la relève des parents. Je pense que l'on a un métier vieillissant, qui se meurt tout doucement.

Où vous voyez-​vous dans quelques années ? 

Toujours là ! C'est important pour moi. On est une famille, aux puces de Nice !

Elles et ils font Nice :

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