La coordination antimafia récemment constituée en Corse a annoncé samedi la tenue d’une grande mobilisation à Ajaccio le 15 novembre. Elle souhaite y associer « l’ensemble de la société civile » pour renforcer la lutte contre la criminalité organisée sur l’île.
« Cet élargissement du mouvement antimafia à toute la société corse va apporter un meilleur soutien et une meilleure protection aux victimes de faits criminels, de menaces et d’intimidations », déclare Jérôme Mondoloni, membre du collectif « Massimu Susini », intégré dans la coordination.
Les organisateurs appellent à une mobilisation massive des associations, syndicats, salariés, entrepreneurs, élus, chambres consulaires et autorités religieuses. L’objectif est « d’obtenir de nouvelles mesures et de nouveaux moyens afin de renvoyer la mafia dans la marginalité de la délinquance, en lui ôtant les armes qui font son impunité, ses complicités et sa violence mortifère », souligne David Brugioni, représentant corse d’Anticor.
Cette coordination réunit les collectifs « Maffia no, a vita ié » (Non à la mafia, oui à la vie) et « Massimu Susini », ainsi que le syndicat agricole Via Campagnola, dont le dirigeant Pierre Alessandri a été assassiné en mars.
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Une mobilisation corse inédite contre la mafia pour renforcer la société civile
Plusieurs associations écologistes et citoyennes, comme U Levante, Le Garde, Si Po Fa ou encore la plateforme citoyenne de Corse, participent également à cette nouvelle coordination, signe d’un front uni face aux dérives mafieuses.
Selon la coordination, cet engagement collectif « a produit des résultats concrets dans les moyens de s’opposer » à la mafia. Elle cite la « libération de la parole », des « résolutions et délibérations votées à l’unanimité par l’assemblée de Corse », « l’évolution notable du discours de l’État sur la réalité de la mafia », ainsi que la création d’un parquet anticriminalité.
La première « manifestation antimafia d’ampleur » avait déjà rassemblé entre 1.500 et 3.000 participants à Ajaccio en mars, d’après les estimations de la police et des organisateurs.
Sur le mot d’ordre « Assassini, Maffiosi, FORA » (assassins, mafieux, dehors), la coordination veut désormais « donner plus de force encore aux personnes chargées de la répression et du jugement des bandes criminelles, en y incluant la bourgeoisie mafieuse qui profite de l’impunité pour accumuler biens et pouvoir de domination », dénonce l’organisation.
En 2024, le ministère de l’Intérieur a recensé 2.932 destructions ou dégradations de biens en Corse, soit 8,5 faits pour 1.000 habitants, une hausse de 6,5 %, contre 1,1 % seulement au niveau national.
Depuis le début de l’année, sept homicides ont été enregistrés, dont six règlements de comptes. L’île détient le triste record national du nombre d’homicides rapportés à sa population, avec 18 meurtres et 16 tentatives en 2024 pour 355.000 habitants.
Avec AFP






