PARTIE 3/3. Entre arbitrages budgétaires, projets structurants et défense d’un équilibre entre littoral et haut-pays, Charles Ange Ginésy détaille les priorités du Conseil départemental. Face aux tensions politiques locales, il défend une méthode : celle de la proximité et du pragmatisme.
- PARTIE 1… Rapport au RN, élections municipales, Éric Ciotti, LR… Les vérités politiques
- PARTIE 2… Collèges, Roseland, chantiers… « Nos projets pour Nice »
- PARTIE 3… « Le Département apaise, et réduit les fractures » : le bilan d’étape du président
Le Département a voté son budget pour 2025, avec un plan d’économies. Dans quoi avez-vous taillé ?
Nous avons coupé un peu partout, sur des dépenses faciles à lisser dans le temps. Je veux relativiser : 15 millions d’euros d’économies sur un budget de 1,6 milliard, cela reste très faible en proportion. Nous avons ajusté sur des frais de fonctionnement, de rénovations d’établissements, ou encore sur des projets d’investissements décalés, comme certaines cours végétalisées, désormais prévues plutôt pour 2027-2028. Nous avons aussi réduit les dépenses de cabinet, de communication et limité de 10 à 15% le budget des festivités.
Un programme de subventions pour les tournages de cinéma et de publicités, que le Département portait depuis des années, a été suspendu cette année, comme le révélait Nice-Presse. Pourquoi ?
C’est une erreur qui a été commise. Nous n’avions pas les bonnes informations pour cette décision. Ces aides, qui représentent 300.000 euros, ont un effet important dans les tournages, puisque le retrait peut faire s’effondrer des dossiers. C’est un problème. Le dispositif sera rétabli lors de notre prochaine séance plénière, en juin, avec un nouvel examen au cas par cas.
On a entendu dire que cela ne gênait pas le Département de suspendre des aides pour des tournages prévus à Nice…
(Il coupe) Pas du tout, car il y en a tout autant sur Nice que sur Cannes. Il n’y a pas dans la gestion du Département et dans mes intentions de volonté de taper sur la Ville de Nice, avec qui nous avons un contrat territorial qui fonctionne bien. On a quand même financé à grand frais la station d’épuration Haliotis ou le raccordement de la Voie Mathis. La Ville n’a pas à dire que le Département lui fait défaut !
Comment progresse votre plan de protection de l’environnement « Méditerranée 06 », en cette Année de la Mer ?
Nous avançons bien. Les réserves maritimes de Cagnes-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat et Vallauris fonctionnent. Après Théoule-sur-Mer, nous préparons l’annonce d’un second parc départemental à Roquebrune-Cap-Martin, dans le cadre de l’UNOC. Nous continuons aussi notre action pour la propreté des ports et du littoral : à Villefranche-sur-Mer, nous avons sorti des carcasses de bateaux immergés. À Golfe-Juan, nous avons nettoyé les fonds marins d’expérimentations anciennes, comme les pneus immergés. Nous travaillons à généraliser les mouillages écologiques pour protéger les fonds et à établir un code de bonne conduite pour la navigation côtière.
On sait qu’il existe souvent une fracture entre le littoral maralpin et son haut-pays. Quelles actions concrètes menez-vous pour les atténuer ?
La lutte contre les déserts médicaux est une priorité, même si ce n’est pas une compétence départementale. À Puget-Théniers, nous avons installé un hôpital expérimental, renforcé par un centre de médecine avec quatre professionnels salariés par le CD06. Les bus santé rencontrent aussi un formidable succès, en désenclavant certains territoires. Autre combat : la lutte contre la désertification agricole. Depuis des années, nous soutenons l’investissement et la modernisation des exploitations. En 2024, nous avons mobilisé plus de 4 millions d’euros d’aides aux agriculteurs. C’est une politique d’aménagement du territoire essentielle.









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