Ce match, c'est peut-​être la chance pour la gauche locale d'envoyer un député à l'Assemblée nationale. Mais le chemin est loin d'être dégagé puisqu'il faudra affronter le solide candidat de la majorité municipale et présidentielle.

Un duel auquel la droite, modérée ou radicale, ne parti­cipera pas. Il faut dire que la surabon­dance de préten­dants n'a pas aidé à fédérer les électeurs.

Sur un même terrain, se sont affrontés Laurent Castillo (LR), Benoît Kandel (RN) et Philippe Vardon, débouté par le Rassemblement National et finalement soutenu, mais pas investi, par Reconquête.

Sans surprise, les électeurs se sont déchirés. Le combat se jouera donc entre Enzo Giusti (21.95%), espoir de la NUPES (l'union de la gauche et des écolos), et Philippe Pradal (26.04%), fidèle de Christian Estrosi, sous le pavillon Ensemble.

Qui est Philippe Pradal ?

Actuel deuxième adjoint au maire de Nice, délégué aux finances, Philippe Pradal peut compter sur un ancrage terri­torial fort.

Président de la régie des trans­ports Lignes d'Azur, président-​délégué de la Métropole, premier adjoint au maire de Nice (2013-​2020) et conseiller dépar­te­mental, il cumule les expériences locales.

L'expert comptable de formation a même occupé le siège d'édile entre 2016 et 2017 en rempla­cement de Christian Estrosi. À 59 ans, il l'affirme : "Je serai un élu local à l’Assemblée nationale."

"J’ai toujours été dans une démarche de proximité, ça ne changera pas" indiquait-​il dans nos colonnes en mai dernier. Sécurité, pouvoir d'achat… Le Niçois dévoilait sa vision des choses au cours d'une interview réalisée par Nice-​Presse avec notre parte­naire la radio RCF.

Dans cet entre-​deux-​tours, cette semaine, il a voulu mettre l'accent sur "le risque NUPES, la radicalité de leur programme". Tout en expli­quant, toujours dans nos colonnes, que "les solutions proposées par la gauche, sont, on l’a vu, anciennes et inadaptées. Essayées dans d’autres pays, elles n’ont jamais permis d’améliorer la situation des plus faibles et des plus fragile. Au contraire."

Qui est Enzo Giusti ?

La NUPES (Nouvelle union populaire, écolo­gique et sociale) compte sur un visage moins connu : celui d'Enzo Giusti. Le grand public l'aura découvert au cours de sa campagne, souvent menée avec humour, mais il n'est pas totalement novice. Lors des munici­pales de 2020, il était engagé aux côtés de Mireille Damiano, la candidate Viva.

Il est le seul candidat de l'union de la gauche à s'être qualifié pour le second tour des légis­la­tives dans les Alpes-Maritimes.

Ingénieur de formation, il a notamment créé une appli­cation "antigaspi" destinée à sauver les légumes "moches".

"Les autres candidats ont l’argent, nous on a les gens" clamait-​il après les résultats du premier tour. "Le second tour sera une sorte de référendum anti-​Macron".

Ecologie, justice sociale… Le candidat de 33 ans détaillait ses ambitions pour le terri­toire lors d'un entretien mené par Nice-​Presse et la radio RCF.

Quelles sont leurs chances ?

S'il peut compter sur un ancrage local prononcé, Philippe Pradal aura sans doute du mal à fédérer les électeurs dont les candidats de droite dure n'ont pas été retenus.

Les sympa­thi­sants de gauche se dirigeront vers son rival tandis que ceux du Rassemblement National et de Reconquête pourraient s'abstenir face au choix Macron-Mélenchon.

Quid des LR, ancien parti du candidat Ensemble ? Une partie pourrait bien se résigner à faire barrage à la gauche mais la guerre Estrosi-​Ciotti contraindra certai­nement de nombreux électeurs à ne pas voter.

De son côté, Enzo Giusti entend bien "aller chercher les absten­tion­nistes".

C'est donc sur cette réserve qu'il compte princi­pa­lement. Il pourrait également recevoir quelques voix de l'extrême droite et des Ciottistes, avec ceux qui veulent faire tomber si près du but l'un des fidèles de Christian Estrosi.

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