Alors que son rival Eric Ciotti s’active pour lancer sa campagne avant même la période officielle, Christian Estrosi a choisi d’enjamber (pour l’instant) l’élection au cours de sa rentrée politique. Comme si le scrutin à venir n’agitait pas le monde politique local, le maire a réservé quelques flèches… au préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux.

Les journalistes auraient presque pu recycler leurs notes de l’an passé, et on y aurait vu que du feu ! Vendredi, le maire de Nice donnait son traditionnel « festin » de rentrée, devant un jardin Albert-Ier archi-plein. Mais alors que son rival Eric Ciotti et ses équipes s’échinent déjà à tracter dans le centre-ville, Christian Estrosi a choisi de survoler la campagne tout au long de son discours.

Cheminant le micro à la main d’un pupitre installé sur une scène jusqu’à, on ne sait pourquoi, une autre estrade dressée quelques mètres plus loin, l’édile a pu montrer à ses ouailles à quel point l’entrée dans le jeu de son ancien ami ne le bousculerait pas.

Sans jamais citer le nom du député, le maire a défendu son bilan (grands chantiers, verdissement…) tout en revenant sur ses marottes : « la lutte contre le tourisme débridé, les Airbnb, les croisiéristes » ; « le développement d’une vraie offre étudiante, pour que nos jeunes n’aient plus à quitter à Nice » ; « les avancées du projet de station d’épuration Haliotis 2, pour que la Métropole ne manque jamais d’eau ».

Comme d’habitude, s’alarmant de « l’ensauvagement de la société », Christian Estrosi a vanté « la première police municipale de France » et un « très solide réseau de caméras », tout en rappelant l’inauguration prochaine « du plus important Hôtel des Polices mutualisé d’Europe », à la fin de l’année prochaine.

« Pas fatigué de vous aimer »

Étonnamment, s’il n’a pas vraiment tiré sur ses futurs concurrents aux élections municipales (pour lesquelles il est candidat depuis début 2024), le maire n’a pas raté… le préfet.

Au sujet de « ces géants de mers » que le président de la Métropole veut bouter loin de son littoral, il a ainsi promis que le représentant de l’État, Laurent Hottiaux « peut bien me poursuivre devant tous les tribunaux du monde, je ne lâcherai rien. Et quand certains disent ‘coupable mais pas responsable’, je dis attention à ne pas terminer seulement coupable… »

Son prédécesseur, Hugues Moutouh, n’est pas oublié non plus ! « Nous avons eu un préfet qui nous a dit, devant le tribunal administratif, que nous devions déboulonner sous 24 heures la statue de Jeanne-d’Arc érigée à Nice-Nord. Eh bien je remercie mes services d’avoir bétonné tout de suite son socle pour que cela n’arrive pas ! »

Sans s’étendre tellement sur la suite, Christian Estrosi a tout de même fait valoir que « cette ville qui avait dix ans de retard a aujourd’hui dix ans d’avance sur toutes les autres ». Et, dans un clin d’oeil, de promettre : « je ne suis pas fatigué de vous aimer. J’ai même 350.000 raisons d’avoir encore envie de vous servir. Tout simplement, comme le disait Johnny, toujours ‘L’envie d’avoir envie’. »

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Fondateur de Nice-Presse à 20 ans (2019) et plus tard de Menton-Presse (2026), Clément Avarguès est diplômé de l'EDJ Nice. Ancien chroniqueur politique pour BFM Nice Côte d'Azur (2022-2024), il est spécialisé dans l'analyse des grands projets locaux et les interviews. Résident niçois depuis dix ans et signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction, il dirige la stratégie éditoriale du groupe avec un engagement fort pour la transparence et l'indépendance.

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