Municipales 2026. Dans Nice-Presse Dimanche le 16 novembre, Olivier Salerno, colistier auprès de Mireille Damiano et orateur de la France insoumise, détaillait la vision de rupture promise au coeur de cette campagne électorale par le « Nice Front populaire ».

Nice-Presse : Vous critiquez la politique sportive de la mairie, pourquoi ?
Olivier Salerno : On est sur quelque chose de très événementiel. On coche des cases, on suscite des images fortes, avec l’arrivée du Tour de France, les Jeux Olympiques 2030, mais derrière, il n’y a pas de retombées concrètes… pour les habitants. Je parle d’effet de ruissellement. Les infrastructures sont vieillissantes, sous-dotées, mal entretenues. Le quotidien n’est pas traité.
La municipalité fait état de millions d’euros en rénovations…
Heureusement que l’on répare un parquet quand il tombe en morceaux. C’est le minimum. Mais les infrastructures vraiment essentielles, celles qui permettent de pratiquer au quotidien - les vestiaires, les douches, les chaudières, la salubrité - tout ça, c’est très en retard. Et si vous discutez avec les agents municipaux, les gardiens, les éducateurs, ce sont les premiers à vous dire que les bâtiments sont à bout de souffle.
Que feriez-vous différemment ?
Je fréquente beaucoup le stade Vauban. Et là, pour une fois, j’ai un exemple positif. C’est un stade qui est très accueillant, très vivant, où tout le monde se mélange : scolaires, familles, sportifs, clubs, gens qui passent juste pour jouer au foot ou au basket une heure… C’est un vrai espace populaire. Mais justement, il devrait exister dans tous les quartiers de Nice. Là, on en a un… Et basta. On parle tout de même d’une ville de 350.000 habitants.
Les épreuves internationales, pour vous, ça ne sert à rien ?
Je ne dis pas que ça ne sert à rien. J’ai moi-même couru la Prom’Classic plusieurs fois. Ce sont de beaux moments. Mais ça ne peut pas être un « plan sportif ». Là où je ne suis pas d’accord, c’est quand on nous dit : « ça rapporte énormément d’argent, c’est indispensable ». Peut-être que ça remplit les hôtels, mais en termes de sport pour les Niçois, ça ne change rien. Quand on tracte dans les quartiers, que ce soit aux Moulin, à l’Ariane ou ailleurs, les retours sont toujours les mêmes. Des douches qui ne fonctionnent pas, des terrains sont impraticables, il est impossible d’inscrire les enfants, les créneaux sont inexistants…
L’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 fait débat. Pour ou contre ?
Je ne suis pas « contre » par principe. Mais honnêtement, on est dans une forme de démesure. On a des stations dans les Alpes du Sud qui manquent de neige, tout le monde le voit. On est en plein dérèglement climatique et nous, on continue à foncer tête baissée vers cette fuite en avant. Encore plus de neige artificielle, encore plus de dépenses, encore plus d’événements… À un moment donné, il faut regarder la réalité en face. Cela ne répond pas à un besoin local.
Quels seraient vos projets qui répondraient à ces « besoins locaux » ?
Déjà, il faut arrêter de penser que le sport doit forcément passer par un club ou une compétition. On pourrait très bien imaginer, par exemple, que la Ville propose un « cadre municipal d’activités sportives », avec des créneaux encadrés dans les parcs, sur la Coulée verte, dans les quartiers tertiaires, à la pause méridienne. Pourquoi une ville comme Nice ne permettrait pas à un salarié de faire trente minutes d’activité sportive sur son temps de midi, avec un éducateur, gratuitement ? Ça, c’est du concret. Et c’est surtout du sport santé, du bien-être, de la prévention.






