À Menton, la frontière franco-italienne reste un passage brûlant de l’immigration clandestine. Malgré un reflux depuis le pic de 2023, les contrôles s’intensifient et les autorités redoutent un nouveau rebond dès cet automne. À Nice, les sans-papiers représentent une main d’oeuvre de choix pour le narcotrafic, relève le préfet.
Depuis janvier, près de 10.400 personnes ont été interceptées en tentant de franchir la ligne entre Vintimille et Menton. Entre 200 et 300 migrants sont stoppés chaque semaine,. Après plusieurs mois de baisse, la tendance repart à la hausse avec parfois plus de 80 interpellations quotidiennes. Un sursaut qui inquiète directement les services de l’État, tel que le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, le résumait dans Le Figaro cette semaine.
Si les 44.000 arrestations de 2023 semblent derrière nous, la projection pour 2025 s’annonce encore lourde, avec environ 15.000 interceptions d’ici décembre.
Depuis la crise migratoire de 2023, la présence des forces de l’ordre a été renforcée avec la création d’une « border force ». Chaque jour, entre 250 et 300 agents quadrillent les autoroutes, la voie ferrée et même les chemins escarpés. Douaniers, gendarmes, militaires de Sentinelle et policiers aux frontières se relaient pour maintenir une pression. 213 passeurs présumés ont déjà été arrêtés en 2025.
Inquiétants profils
Du côté des expulsions, le rythme s’accélère. Depuis janvier, 434 étrangers en situation irrégulière ont été éloignés, « soit 30% de plus que l’an passé ». L’objectif, atteindre 600 renvois d’ici la fin d’année. Certains profils inquiètent particulièrement : 238 étaient impliqués dans des troubles à l’ordre public, 158 sortaient tout juste de prison et 12 étaient fichés pour radicalisation.
Par ailleurs, le préfet établit un lien direct entre immigration clandestine et délinquance du quotidien. Dans le quartier des Moulins, à Nice, près de la moitié des faits signalés seraient liés à des étrangers sans-papiers, une main-d’œuvre exploitée par les trafiquants.






