Ce week-end, le ministre de l’Intérieur a été élu à la tête des Républicains avec 74,3% des voix, contre 25,7% pour son rival Laurent Wauquiez, avec qui il partage la même ligne politique. Dans les Alpes-Maritimes, à lire les différentes réactions politiques, on peut se dire que le plus important à retenir reste parfois ce qui n’est pas écrit.
Dans les roues de Ciotti

Éric Ciotti (UDR), ancien président des Républicains écarté après son alliance contestée avec le RN l’été dernier, a réagi assez tôt, en appelant à une rupture claire avec la Macronie. Sur X, il a adressé à Bruno Retailleau des « félicitations républicaines », avant d’ajouter : « J’espère qu’il me suivra aussi dans l’union des droites, seule voie pour relever la France ». Le député de Nice demande au nouveau président du parti de ne pas rester « prisonnier du macronisme finissant qui a ruiné le pays » et l’exhorte à « oser enfin la rupture totale ». Le premier flic de France partage la même part du gâteau (politique) qu’Eric Ciotti, celle d’une droite très ferme sur la sécurité et l’immigration, et cent fois plus libérale que le RN sur l’économie. Le premier pense donc qu’il y a urgence à s’unir, quand l’autre assure qu’il y a une autre partition à jouer, à une - légère - distance de Marine Le Pen. Dimanche soir, le ministre de l’Intérieur a assuré qu’il n’avait « qu’un seul ennemi, la gauche mélenchonisée ». L’appel du pied est évident… mais en direction des électeurs, et non des appareils.
Estrosi partout

« Félicitations à Bruno Retailleau pour son élection à la présidence des Républicains. Ce soir, mon ancienne famille politique, pour laquelle je garde estime et amitié, tourne une page funeste » notait hier le maire de Nice (Horizons). Lequel a placé ses oeufs dans tous les paniers. Samedi, il était à Marseille pour le meeting présidentiel d’Edouard Philippe, chef d’un parti, Horizons, qui ne bénéficie pas d’une dynamique notable pour l’instant, mais qui pourrait, pourquoi pas, s’imposer au centre d’ici à 2027. Prudent, Christian Estrosi se rendait la veille, le 16 mai, à une réunion de soutien à Bruno Retailleau, prononçant un discours derrière un pupitre siglé « Les Républicains ». Malin, si les deux formations finissent par s’unir. Sinon, il faudra faire un choix plus clair entre ces partis. Comme pour un chat, dedans, ou bien dehors.
Ginésy et Léonelli dans l’attente

Le président des Alpes-Maritimes, dès hier soir : « C’est avec beaucoup de satisfaction que j’adresse mes félicitations à Bruno Retailleau , nouveau président des Républicains, à qui j’ai apporté tout mon soutien dans cette campagne pour qu’il guide ma famille politique avec un programme, de idées et une ligne claire ». Charles Ange Ginésy (LR) l’évoquait dans Nice-Presse Dimanche il y a quelques jours, il attend les consignes nationales. Au conseil départemental, pourra-t-il continuer à compter sur une majorité composée d’élus LR, mais aussi d’UDR alliés de Marine Le Pen ? Lors des municipales, pourra-t-il soutenir des listes RN-UDR sans se faire exclure des Républicains ?
Même questionnement pour l’élu Pierre-Paul Léonelli, nouveau patron des LR à Nice. Celui qui prône dans nos colonnes « ménage et clarification chez LR contre l’extrême droite » sera-t-il suivi avec vigueur par le nouvel état-major parisien, qui ne s’est en rien mêlé de la tambouille maralpine jusqu’alors ?
Les RN faussement remontés

« Retailleau élu président des Républicains : la droite du renoncement continue. Ministre macroniste, soutien tacite de LFI, fausse fermeté sur l’immigration… Les électeurs LR méritent mieux que cette imposture. L’alternance réelle, c’est avec Marine Le Pen et Jordan Bardella » a bombardé la députée de Menton Alexandra Masson, bien moins prudente qu’Eric Ciotti. Nul doute que ce discours évoluerait dans l’hypothèse pas si improbable d’un rapprochement - assumé ou souterrain - entre le nouveau président de la droite et les lepénistes. Le député Bryan Masson n’a d’ailleurs rien posté sur X.
Les communistes surjouent le danger
Communiqué un brin caricatural envoyé par le Parti communiste du 06 ce week-end : « Les adhérents LR ont choisi Retailleau, avec lui, la droite ne recule pas : elle s’enfouit dans les ténèbres. Plus rance, tu meurs. Retailleau, c’est le candidat idéal pour ceux qui trouvent Éric Ciotti trop gauchiste et Zemmour trop progressiste. Un immense bravo aux militants LR qui à force de creuser, ont fini par trouver le fond. Et visiblement, ils l’ont élu. Dans la confusion politique ambiante, cette élection ajoute encore un maillon au continuum entre la droite macroniste et l’extrême droite la plus décomplexée. » Rien de mieux qu’un épouvantail pour unir la gauche. Ou tenter de, plutôt.
La constance des sénatrices LR
Elles ont déjà pu travailler avec lui des années durant au Sénat, et battaient campagne à ses côtés depuis quelques temps : les sénatrices des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi-Sassone et Alexandra Borchio-Fontimp ont rapidement fait part de leur joie hier. Avant de prendre du galon dans le parti ?



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