Suite à la polémique lyonnaise sur le spectacle vantant "l'écosexualité", le maire de Nice a ouver­tement critiqué la politique menée par ses collègues Verts, à la tête de grandes communes depuis les dernières élections.

Comment ce sujet ayant pour épicentre Lyon a-​t-​il pu arriver sur la table du conseil municipale niçois mercredi 14 juin ?

Dans la presse et sur les réseaux sociaux, cette semaine a notamment été marquée par la polémique sur un spectacle lyonnais promouvant  "l'écosexualité" et "la botanique jubila­toire", une perfor­mance artis­tique réalisée par une troupe avec par moments des inter­ve­nants nus devant des enfants…

Irrité par une question sur les finances de la Ville

Visiblement échaudé par plusieurs remarques d'un élu écolo­giste, Jean-​Christophe Picard, qui a évoqué une ville de Nice suren­dettée, "en panique", ainsi qu’une majorité vivant "dans une réalité virtuelle" et un maire comparé à un "enfant capri­cieux", Christian Estrosi a rétorqué en utilisant l’épisode rhodanien.

Même si le sujet du jour tournait plutôt autour bilan des comptes finan­ciers de la collec­tivité, le premier magistrat s’est lancé sur un tout autre terrain, répondant au membre de l’opposition en faisant référence "à ses amis qui sévissent depuis trois ans maintenant".

Une sortie suivie d’une tirade a priori préparée, puisque fiche à l’appui, il a invité Jean-​Christophe Picard à "se rendre à Lyon, qui se distingue par des actions pour le moins surpre­nantes".

"Que quelques hurlu­berlus expriment le besoin de se mettre nus et à quatre pattes pour copuler avec une rhubarbe, c'est une chose. Mais qu'ils soient subven­tionnés par la mairie de Lyon pour faire ça devant des enfants, là ça devient un problème", a lancé Christian Estrosi.

Ce discours a provoqué de vives réactions dans le camp des Verts, indignés, mais également dans toute l’assemblée puisque les conseillers de la majorité n’ont pu s’empêcher de rire.

"Le wokisme est un danger pour notre société tout entière"

Le maire de Nice ne s’est pas arrêté là, car il a direc­tement pointé du doigt la politique de son homologue lyonnais, Grégory Doucet. "On baisse les subven­tions de l'opéra de 500.000 euros par an, on refuse désormais de parti­ciper à la célébration du vœu des Échevins, on arrive à détester le Tour de France en le quali­fiant de "machiste", on amoindrit les apports nutri­tionnels de nos enfants pour servir son idéologie à la cantine", a-​t-​il énuméré, avant d’ajouter.

"Le wokisme est tapi dans l'ombre de ces décisions de vos amis et un danger pour notre société tout entière".

Face à un hémicycle l’applaudissant, l’édile a conclu son laïus en s’en prenant au groupe écolo­giste dans son ensemble. "Plutôt que de dénigrer nos actions pour améliorer la qualité de vie des Niçois, allez donc essayer de raisonner vos amis militants de la décons­truction de la société", a-​t-​il asséné de manière plus sérieuse cette fois-ci.

Déjà un différend avec le maire écolo de Bordeaux 

Fort logiquement, tout cela n’a pas plu aux élus du parti de l’opposition, qui ont réagi d’un "c'est vous le maire démolisseur", faisant écho à la dispa­rition à venir d’Acropolis.

Notons que ce n’est pas la première fois que Christian Estrosi a maille à partir avec un confrère écolo­giste d’une autre grande ville. En 2020, il y avait notamment eu des désac­cords avec le maire bordelais Pierre Hurmic, cette fois-​ci sur le sujet de la sécurité. 

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