Depuis le début de la semaine, deux fusillades ont émaillé la vie des résidents dans ce secteur de la Plaine du Var. On fait le point sur les derniers événe­ments et leurs enjeux. 

Lundi 27 novembre, à 22 heures, deux jeunes ont été gravement blessés à l'arme à feu, à proximité d’un parking avenue Martin-​Luther-​King, dans le quartier des Moulins, à l’Ouest de Nice. 

D'autres tirs ont été entendus dans la nuit du 29 novembre, près de la place des Amaryllis. Si aucun blessé n'est à déplorer, des traces de sang ont été retrouvées et l'impact d'une balle a été recensé dans le mur d’un appartement. 

Ces faits seraient le résultat d’un affron­tement entre deux bandes munies d’armes de poing et de kalachnikov. 

Des fusillades devenues monnaie courante

Nice-​Matin nous apprend ce mercredi que deux jeunes individus ont été inter­pellés et mis en garde à vue ce 29 novembre. 

L’un trans­portait des cartouches de 9 milli­mètres, l’autre de l’argent et plusieurs produits stupé­fiants. Pour l’heure, rien ne prouve que ces arres­ta­tions soient liées aux actes commis en début de semaine. 

Des fusillades qui se sont multi­pliées ces dernières semaines aux Moulins, à l’image de celle que nous avons relatée mi-​novembre. Au-​dessus de chaque événement plane l’ombre imposante du trafic de drogue. 

Car ces trafi­quants, souvent arrivés de Marseille et Paris, cherchent à prendre le contrôle des diffé­rents points de deal, dont l’un, situé près d’un immeuble qui devrait être détruit.

Les trafiquants utilisent les étrangers en situation irrégulière

Dans leur guerre, ces derniers profitent de la situation géogra­phique niçoise. Puisque la capitale des Alpes-​Maritimes est l’une des portes d’entrée de l’immigration, ils utilisent la précarité dans laquelle se trouvent les étrangers en situation irrégu­lière pour servir leurs méfaits. 

À l’image du jeune grièvement touché par une balle dans le dos le 27 novembre dans le secteur, il s’agit souvent aussi de mineurs. 

En face, la Mairie aimerait faire de cette partie de la ville un modèle d’urbanisme, mais la situation dans cette cité ne facilite pas ce projet. 

Pour faire face au problème, la première solution est de faire appel aux forces de l’ordre spécia­lisées. La préfecture des Alpes-​Maritimes a ainsi déployé la brigade CRS 81 suite aux faits survenus lundi. 

Une brigade déployée, des opérations menées…

De son côté, Anthony Borré, le premier adjoint, réclame qu’un hélico­ptère de la gendar­merie survole le quartier. Des opéra­tions "place nette" sont également menées et 17 agents de sécurité seront mobilisés aux abords des HLM à partir de janvier 2024. 

Ils patrouilleront équipés d’armes de catégorie D, c'est-à-dire des matraques téles­co­piques et des bombes lacrymogènes.

Ces actions seront-​elles suffi­santes ? Les divers repré­sen­tants de l’État, et surtout le Préfet, Hugues Moutouh, "ne veulent rien lâcher" et"pilonner les points de deal".

Au total, 318 opéra­tions ont eu lieu en sept mois, menant à 648 inter­pel­la­tions (70% d’entre elles concernent des étrangers en situation irrégu­lière), dont 160 suspects déférés. 

Ajoutons que 235 mineurs ont été appré­hendés à proximité des zones de trafic. 70 kilos de résine de cannabis et une dizaine de kilos de cocaïne ont été saisis. 

Enfin, au sujet des expul­sions suite à ses arres­ta­tions, 207 personnes ont dû quitter le dépar­tement maralpin en 2023.

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