Le centre LGBT+ (lesbiennes, gays, bis, trans,…) Côte d’Azur a fait sa rentrée ce week-​end à Nice. Ouvert depuis 2011, il défend "les valeurs du vivre-​ensemble et du respect des personnes dans leurs différences". 

Erwann Le Hô, son coordi­nateur, fait le point en 5 questions.

1 - On parle beaucoup du harcèlement en cette rentrée scolaire. Concerne-​t-​il davantage encore les enfants LGBT+ que les autres ?

Les LGBT-​phobies sont l'un des facteurs de discri­mi­nation, et de stigma­ti­sation. Je ne connais aucun gay, ni personne trans, qui n'a pas eu des soucis à l'école : terreur dans les vestiaires, affaires volées, persé­cu­tions, moqueries… C'est une réalité. 

Le sport, notamment, devrait être un moment inclusif, de respect, de partage, de dépas­sement mais il peut être dévoyé et devenir un concours de codes virilistes toxiques et assez malsains. 

2 - Les personnes transgenres semblent l'être particulièrement, en témoigne un fait-​divers récent, dans le Val-de-Marne… 

Pour améliorer la situation, il faut agir pour leurs droits. On porte toujours l'idée d'un changement d'état civil libre, simple et gratuit. Quand on arrêtera de leur demander de se justifier devant un juge et de prouver si elles "sont homme ou femme", on leur facilitera le parcours !

Il y a également une vraie méfiance ressentie à l'égard du milieu médical, suite à des mauvaises expériences. On a développé un centre de santé sexuel (Le 8 Baquis, NDLR) avec des profes­sionnels qui ont été formés à l’accueil des personnes LGBT+. Ici, elles peuvent s’occuper de leur santé dans un endroit "safe et secure". 

Les familles sont en demande, et souhaitent davantage accom­pagner leurs enfants sur ces sujets.

3 - Le Centre LGBT+ Côte d'Azur fait sa rentrée. Quelle est sa mission ?

On accueille, on écoute et on accom­pagne des personnes qui sont en question­nement sur leur orien­tation sexuelle, leur identité de genre ou qui sont victimes de discri­mi­na­tions, d'agressions…

C'est un lieu où l'on combat l'isolement social par l’organisation d'activités et de moments convi­viaux. On porte également des reven­di­ca­tions pour améliorer l'égalité des droits. 

Du lundi au vendredi, de 10 h à 15 h, on fait de l'accueil social et du suivi individuel. De plus, notre bar associatif (au 123 rue de Roquebillière, NDLR) est ouvert le lundi et le samedi. On y propose des soirées convi­viales où les gens peuvent boire un verre, discuter… Sept jours sur sept, il se passe des choses !

4 - Parlez-​nous des activités que vous organisez…

Nous sommes une maison des associa­tions. Avec les membres, on organise des activités de loisirs et de sports dans une ambiance inclusive, non-​jugeante. Elles sont réalisées dans le bien-​être, sans esprit de challenge ou de compé­tition. On compte une vingtaine de sports qui peuvent être pratiqués tout au long de l'année, avec de la natation, du running, du volley… C'est très varié. 

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On accueille des personnes qui ont fui leur pays car elles sont menacées de mort. Le rapport à la langue n'est pas facile. On essaie donc de les inclure avec ces activités. Il n'y a pas forcément besoin de parler parfai­tement pour s'intégrer : on partage un moment commun. 

5 - Le sport est donc un outil capital ?

C'est très important. Ces activités incitent aussi chacun à prendre soin de lui ou d'elle, à reprendre confiance en son corps, en son apparence… Beaucoup de personnes LGBT+, lorsqu'elles étaient plus jeunes, au collège ou au lycée, ont vécu des problèmes de harcè­lement pendant des cours d'EPS. Chez nous, on essaie d'aborder tout cela autrement.

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