Les diffi­cultés du camp Estrosi à présenter un opposant crédible face à Ciotti inquiètent les fidèles du maire de Nice.

Indiscret -- Il y a des images qui ne trompent pas. Ces derniers jours, Graig Monetti est (à peu près) de toutes les inaugu­ra­tions, qu'elles soient ou non en rapport avec son porte­feuille - la jeunesse - en mairie de Nice. Certains, déjà, battent campagne.

Entre jeudi et vendredi, Christian Estrosi aura arrêté son choix sur le candidat qu'il soutiendra face à Éric Ciotti pour les élections légis­la­tives de juin. L'ex-élu niçois et mentonnais Olivier Bettati, animal politique, a longtemps tenu la corde. Mais sa proximité avec Marion Maréchal, et la variété de ses couleurs politiques succes­sives, ont refroidi Paris. Au moment où le maire (Horizons) de Nice discute de "sa contri­bution au gouver­nement", l'heure n'est pas à froisser l'Elysée avec une candi­dature trop encombrante.

"Bettati a une image compliquée au port, un côté 'retourneur de veste', mais c'était de loin le meilleur que nous avions à envoyer face à Ciotti" analyse une source très bien informée à l'Hôtel de Ville. "Ce n'est pas dit que nous aurions gagné, mais on aurait montré les dents et Ciotti aurait été vraiment bousculé".

"Monetti, c'est presque un cadeau" poursuit-​elle. L'homme a ses points forts : le "renou­vel­lement" (il a 28 ans), une popularité intéres­sante chez les macro­nistes, un côté bosseur salué de ses pairs, une belle énergie… 

"Mais les flèches de ses adver­saires sont toutes trouvées : son passage 'au gouver­nement' (il est le chef de cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur, ndlr), le fait de passer à tort pour un Parisien, pas très connu… Et il va se traîner l'image du 'candidat de Macron'."

Cette galère pour trouver un adver­saire solide au député sortant n'a rien d'anecdotique. "Monetti, ce n'est pas le meilleur choix, mais on n'a vraiment pas mieux".

Un sentiment préoccupé qui se dégage, avec plus ou moins d'intensité, de tous les échanges que nous avons pu avoir avec l'entourage du maire… 

On a pensé un temps que l'avocat Philippe Soussi, élu du terri­toire comportant un bout de la première circons­cription, pourrait être envoyé au charbon. Mais ses résultats sur le terrain "sont très… contrastés" et sa récente sortie anti-​Bettati dans Nice-​Matin a été inéga­lement accueillie. 

"Le conseil municipal actuel n'est pas très politique, peu de person­na­lités se dégagent vraiment. Ce qui était volon­taire à la base est devenu un handicap. L'administration, c'est pareil. Elle mérite une réorga­ni­sation, en réflexion d'ailleurs ces derniers temps. On a personne, et c'est inquiétant pour la suite." 

La suite ? 2026 ! Eric Ciotti, indébou­lon­nable député depuis 2007, a pris une carrure nationale avec sa percée média­tique liée au Congrès LR. Un vrai danger pour les prochaines munici­pales à Nice, auxquelles Christian Estrosi, son grand ennemi, s'est déjà déclaré candidat.

"Une grosse défaite du 'candidat mairie', et le couron­nement de Ciotti dans la première circons­cription serait une vraie alerte" confirme une autre source estro­siste. "À compter que l'on perde, espérons que l'on sauve au moins les meubles".

S'il était choisi pour se lancer dès cette semaine, Graig Monetti aurait un gros mois et demi pour faire mentir les sceptiques. Dans son entourage, on le dit "remonté à bloc" pour y parvenir.

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