Avec ses 30.000 habitants, la commune est la troisième la plus peuplée de la métropole Nice-​Côte d'Azur. Son littoral et son centre commercial en font un pôle terri­torial majeur. Ce 8 décembre, la Chambre régionale des comptes dévoile un rapport sur sa gestion.

Les grandes communes passent toutes par là. À inter­valles réguliers, le Chambre régionale des comptes jette un oeil très, très attentif à la gestion des diffé­rentes collec­ti­vités. Le compte-​rendu relatif à Cagnes-​sur-​Mer était dévoilé mi-​juillet, celui sur la Ville de Nice est dans les tuyaux. 

C'est Saint-​Laurent-​du-​Var (2017-​2022) qui a, derniè­rement, fait l'objet de l'attention des inspec­teurs en Provence-​Alpes-​Côte d'Azur.

Finances saines, "dette contenue"

L'étude commence par un point d'importance : la situation finan­cière de la cité "s’est améliorée depuis 2017, grâce (notamment à) la réduction des dépenses d’équipement". La dette, qui reste un "point de vigilance", apparaît donc "contenue".

Toutefois, la chambre a observé que la durée annuelle de travail des agents avait été, sur la période observée, inférieure à ce qu'impose la loi. Leur taux d'absentéisme est "plus élevé que celui de l’ensemble des collec­ti­vités territoriales".

L'institution relève également que les relations entre la mairie et l’Association de gestion et d’animation sportive et socio-​culturelle (AGASC), qui a touché plus de neuf millions d'euros en cinq ans, ne sont "toujours pas clari­fiées, alors que cet organisme connaît d’importantes diffi­cultés finan­cières, qui exposent la commune à des risques juridiques et finan­ciers importants.".

La suite du résumé n'est pas plus positive. La bande côtière de Saint-​Laurent est classée zone touris­tique inter­na­tionale depuis 2016, "malgré un problème systé­mique de qualité des eaux de baignade qui s’est encore aggravé à l’été 2023 avec la fermeture d’une deuxième plage". 

Une situation qui rendrait Saint-​Laurent "dépen­dante" de son centre commercial (4.000 personnes employées), faute d'un front de mer plus attractif, plombé par "des eaux grisâtres peu esthé­tiques".

Cap 3000 étendu malgré des risques

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Photo : Cap 3000

Les experts estiment que les orien­ta­tions prises dans cette ville ne sont pas les bonnes : "La densi­fi­cation urbaine se poursuit toutefois malgré les principes de prudence exprimés dans les documents straté­giques de référence".

"Elle accroît le degré d’exposition aux risques des biens et des personnes, dans un contexte d’incertitude".

SLV "concentre les menaces", liées aux "fréquents épisodes pluvieux que connaissent les Alpes-​Maritimes" mais aussi au fleuve Var"et aux aména­ge­ments que la main de l’homme a apportés à son cours naturel"... Depuis 1982, Saint-​Laurent a fait l’objet de 22 arrêtés de catas­trophe naturelle.

Exemple concret : "L’agrandissement récent du centre commercial Cap 3000 (+ 26 000 m²) situé à la fois sur le front de mer et à l’embouchure du fleuve - ce qui constitue l’une des locali­sa­tions les plus exposées, illustre une politique d’aménagement conduite en dépit des risques identifiés". 

Conséquence de quoi, "des travaux publics coûteux de restau­ration de la digue qui protège le centre commercial ont déjà dû être menés en urgence"… Digue qui n'a pas fait ses preuves pendant la tempête Alex.

Autre mise en garde écolo­gique : "alors que la basse vallée du Var est la plus impor­tante des zones humides de la Côte d’Azur, la protection de la zone Natura 2000 située à l’embouchure du Var entre deux berges densément urbanisées et à proximité immédiate d’un aéroport inter­na­tional apparaît hors de portée".

Le terri­toire est désormais bétonné à 76,2% de sa surface, alors que ce ratio était
inférieur à 50% il y a une trentaine d’années. "Seul le projet d’un nouveau port métro­po­litain de 2.000 places entre Cagnes-​sur-​Mer et Saint-​Laurent-​du-​Var, apte à accueillir la moyenne et la grande plaisances, semble remis en cause". Sans être abandonné pour autant.

Un élu payé… jusqu'en Thaïlande

Le rapport relève qu'un conseiller municipal de la mandature 2014-​2020 a été absent d'une grande partie des séances plénières, puisqu'il s'est établi en Thaïlande, à partir de septembre 2017. La loi ne le forçait pas à démis­sionner (ce qu'il s'est d'ailleurs abstenu de faire). "Son absence, connue de la commune, aurait nécessité l’arrêt du versement de l’indemnité de fonctions. Celle-​ci a pourtant continué d’être versée sans inter­ruption pendant trois années." 

Le conseiller municipal "aurait ainsi perçu, d’octobre 2017 à mai 2020, une somme indue à hauteur de 4.500 euros". Aucune preuve d'un travail effectif n'a été fournie, alors qu'il était chargé d'une mission portant sur le centre-​ville laurentin.

Que répond la mairie de Saint-Laurent-du-Var ?

Dans un courrier, dispo­nible in extenso derrière ce lien, le maire Joseph Segura répond à certaines de ces obser­va­tions. Au sujet du temps de travail des agents communaux, il promet une mise en conformité au 1er janvier prochain. 

Quant aux relations entre la Ville et l'AGASC, l'édile assure qu'un vrai travail (nouveaux statuts,…) a été accompli depuis 2014 pour régler "plusieurs anomalies", et que la subvention est passée de 2 millions à 1,2 en dix ans. Il reste "du chemin à parcourir" reconnaît-​il, pour accom­pagner l'association, sans la "sacrifier à marche forcée". Un "groupe de travail" est annoncé pour "début 2024".

M. Segura ne commente pas les autres éléments évoqués par la Chambre régionale des comptes Paca.

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