Missionné pour renouer le dialogue dans les quartiers, Olivier Riquier détaille sa stratégie pour impliquer davantage les Niçois dans la vie locale. Des futurs budgets participatifs d’1,5 million d’euros à l’organisation de scrutins ciblés, il lève le voile sur cette nouvelle organisation dans Nice-Presse.

Nice-Presse : Vous avez été choisi par Éric Ciotti pour être son adjoint « délégué à la proximité » : pour quoi faire ?

Olivier Riquier : Avec mes collègues du conseil municipal et notamment mes deux subdélégués, ma feuille de route est toute simple : écouter, redonner le pouvoir aux Niçois, recréer du lien. À chaque comité de quartier, il y aura au moins un élu et des agents de la mairie. Ce n’était pas toujours le cas auparavant ! Cette reconnaissance, cet engagement pour le dialogue partout en ville, c’est ma priorité. On a vu tout au long de la campagne que c’était une nécessité : les citoyens ne se sentaient plus entendus.

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Une « fédération des comités de quartiers » s’est créée en février, faisant beaucoup parler puisqu’une vingtaine l’ont rejointe, alors que 40 l’ont dénoncée. Allez-vous travailler avec, et de quelle façon ?

Il y a une « guéguerre » dans laquelle je ne me place pas. Éric Ciotti a signé un ensemble d’engagements auprès de cette fédération, ils seront donc tous tenus. Moi, je prends conseil auprès de tout le monde et on me contacte facilement. J’ai créé une boucle WhatsApp avec toutes les associations de riverains. Ces derniers jours, je leur pose des questions sur la sécurité. Ce sont des bénévoles passionnés : leurs retours sont très intéressants. Pour autant, je leur promets un langage de vérité. « Oui », quand c’est possible. « Non », quand il y a d’autres solutions.

Le programme du nouveau maire comporte la tenue de plusieurs référendums : quand, sur quels sujets ?

Ils ne seront pas réguliers et resteront consultatifs, c’est la règle. Et ils ne trancheront pas d’éléments déjà prévus par le projet municipal, que le vote des Niçois a déjà validés. Alors que cela ne se faisait jamais, nous organiserons des référendums sur les sujets majeurs d’aménagement du territoire, quand ils engagent la ville entière. Pour des débats de quartiers, il y aura des concertations ciblées, avec des votes.

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Illustration – Photo © Depositphotos.com

Y aura-t-il un référendum sur le projet de centre des congrès à la place du jardin Sulzer, qui fait parler ? Et au sujet de l’éventuel nouveau port à Nice-Ouest ?

Pour Sulzer, non, c’était dans notre programme. Sur l’idée du port, ça peut s’imaginer, oui.

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Lors du précédent mandat, les habitants s’étaient prononcés sur plusieurs chantiers de proximité, qui n’avaient pas été lancés avant l’ouverture de la campagne électorale. Le million d’euros promis sera-t-il dépensé ? Et y aura-t-il des budgets participatifs au cours de ce mandat ?

Certains dossiers avaient été discutés par les citoyens en effet, comme par exemple l’installation d’un parc de jeux pour enfants au niveau du square Suarez. Ces projets participatifs seront menés. Par ailleurs, oui, je suis favorable à ce qu’il y ait 1,5 million d’euros mobilisés chaque année pour les idées impulsées par les habitants.

L’équipe de Christian Estrosi avait mis en ligne une plateforme web pour faire voter, là aussi, les Niçois. Allez-vous l’utiliser ?

On ne la supprime pas, mais je ne vous dis pas que nous n’utiliserons pas d’autres outils.

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Vous évoquiez lors des municipales « le retour de l’organisation de la ville par territoires ». C’est-à-dire ? Les six actuels seront-ils redécoupés ?

Il s’agit de relocaliser toutes les décisions dans les quartiers, avec tous les outils que nous évoquons ici, pour mettre un terme à la verticalité des choix communaux. Pour ce qui est du découpage des territoires, on a actuellement repris celui qui était en place. Mais on pourrait en effet les modifier au cours du mandat, si cela permet plus d’efficacité.

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Fondateur de Nice-Presse à 20 ans (2019) et plus tard de Menton-Presse (2026), Clément Avarguès est diplômé de l'EDJ Nice. Ancien chroniqueur politique pour BFM Nice Côte d'Azur (2022-2024), il est spécialisé dans l'analyse des grands projets locaux et les interviews. Résident niçois depuis dix ans et signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction, il dirige la stratégie éditoriale du groupe avec un engagement fort pour la transparence et l'indépendance.

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