- Vous lisez un épisode de “Saint-Roch, la reconquête de l’Est”, l’un des dossiers de Nos Quartiers, le magazine qui parle de vous.
Élu du huitième canton de Nice - Saint-Roch, Roquebillière, Pasteur et Riquier - depuis 2021, le vice-président du Département Bernard Chaix salue un quartier historique où l’on ne s’ennuie jamais !
C’est sur la terrasse de Ma Cave, aux côtés de Philippe Desjardins, l’un de ses plus fidèles soutiens, que Bernard Chaix a pris le temps de revenir sur ses premières années de mandat dans ce huitième canton, où Saint-Roch occupe une place centrale. Trois années qui lui ont permis de connaître sur le bout des doigts un quartier qu’il arpente chaque semaine.
« C’était l’un des enjeux de mon élection, mener d’abord une campagne de proximité, à l’ancienne, dans les cages d’escalier des immeubles, mais surtout, et c’est le plus important, y rester et être présent sur le territoire pour être au contact de la population. »
Une proximité qu’il entretient et qui lui permet d’être « constamment à l’écoute ». « C’est un coin qui a conservé son âme, qui parle niçois, où les gens sont attachants et authentiques, relève-t-il. Quand je suis à Saint-Roch, je fais tomber la veste. Je vais sur la place et on échange sans filtre autour d’un café. Quand les résidents ne sont pas contents, ils ne manquent pas de vous le dire. » Ce qui est notamment le cas avec le projet d’agrandissement du Centre de rétention administrative (CRA) - voir encadré.
Il porte le projet d’extension du collège Jean-Giono
Si tous s’accordent d’ailleurs pour souligner « l’évolution constante du quartier » depuis plusieurs années, certains regrettent que ça ne soit pas dans « le bon sens », en faisant référence à une trop grande urbanisation et un sentiment d’insécurité grandissant, pendant que d’autres«se félicitent » de ces changements, avec un secteur globalement modernisé. Bernard Chaix, lui, se veut… nuancé.
« Beaucoup ont peur de cette mixité sociale, dans un canton qui se construit énormément, avec de nombreux permis de construire délivrés qui engendrent des changements sociologiques évidents, explique-t-il. Mais cela permet aussi d’offrir un meilleur accès à la propriété, plus abordable pour certaines familles, dans une ville où il n’est pas toujours évident de se loger !»
« Le problème, et nous le dénonçons, c’est que quand vous autorisez des constructions de manière si importante, il est impératif de créer des crèches et des écoles supplémentaires. » Des décisions qui ne relèvent pas des prérogatives du Département des Alpes-Maritimes, impliqué pour sa part dans un grand projet d’extension du collège Jean-Giono.

« Il est initié par Éric Ciotti et je le porte depuis mon arrivée. Nous avons deux hypothèses, l’une à 8 millions, l’autre à 10 millions d’euros, qui sont déjà passées au Conseil départemental. Il s’agit de réaliser une extension du collège actuel, de l’autre côté de la route, avec un plateau sportif sur le toit, voire deux, et une possibilité de passerelle pour relier les deux bâtiments entre eux. »
Un projet approuvé par la Ville de Nice, qui devrait voir le jour « dans les années à venir », après le dépôt d’un permis de construire et la finalisation de l’appel d’offre.
Également impliqué dans la vie associative du quartier, le Département apporte son soutien financier à « deux clubs mythiques » que sont le Cavigal et le Gazelec Sports Côte d’Azur, mais aussi aux nombreux clos de boules, qui font la fierté du«patrimoine local » et qui sont de « véritables lieux de vie. »
Sans oublier, un soutien sans faille à l’association Entraide et Partage, présidée par le père Florini, devenue incontournable et qui vient en aide aux familles et aux seniors.
« Il faut redynamiser le marché…»
Parmi les points positifs relevés au sein du canton et plus particulièrement à Saint-Roch, Bernard Chaix assure que « le tramway a été une vraie réussite pour le quartier, où résident de nombreux travailleurs, qui se déplacent beaucoup et qui restent ainsi connectés » tout comme le développement du campus Saint-Jean d’Angély, qui a permis de « développer une offre culturelle qui manquait jusque-là », avec « le cinéma » ou encore « le Stockfish. »
Un quartier dynamisé, notamment avec « ses nombreux restaurants comme Le Figuier, Ma Cave, L’Espresso, Le Bouchon ou encore Chez Pino » et « son marché » que le responsable de l’insertion, de l’emploi et des commerces au sein du CD06 souhaiterait voir se réinventer, avec « davantage de producteurs » et « d’animations », pour accentuer « la vie autour de cette place, qui est le coeur de Saint-Roch. »

Attentif aux mesures appliquées sur son territoire, Bernard Chaix ne manque pas de se montrer critique face à des engagements qu’il estime parfois « non-tenus », des « annonces en grande pompe. »
En ce qui concerne les problèmes de stationnement, parmi les principales préoccupations des habitants, et qui pourraient en partie être améliorés grâce à l’extension de deux parkings, l’élu se veut prudent. « L’augmentation de 40% de l’offre à Saint-Roch ? Je ne crois plus aux promesses…»
Des promesses, qui quand elles sont tenues, ne sont pas toujours du goût du conseiller départemental, qui dénonce des « demi-mesures », prises « sans concertation », avec de « l’argent public mal utilisé. »
C’est la cas selon lui en ce qui concerne la sécurisation de la place Saint-Roch. « J’ai pu écrire à Christian Estrosi, mais je n’ai eu aucune réponse, comme toujours, déplore-t-il. Nous avions établi un plan solide pour empêcher les motos de traverser et de circuler sur la place. Au final, ce sont des barrières en croix de Saint André et des bornes qui ont été installées. Les motos peuvent encore passer. En termes de sécurité et d’efficacité, c’est zéro !»
LE CRA INQUIÈTE
C’est un sujet qui revient en boucle dans les discussions : le projet d’extension du Centre de rétention administrative accueillant les étrangers en attente d’une expulsion. Actuellement doté de 40 places au sein de la caserne Auvare, celui-ci pourrait voir sa capacité s’étendre à 100 places, d’ici à 2027. Une pétition, soutenue par Éric Ciotti et Bernard Chaix, a d’ailleurs été lancée pour contester cette décision, et a déjà recueilli plus de 2500 signatures. « J’ai rencontré les habitants du canton qui sont pour la plupart très inquiets, assure l’élu. La proximité d’écoles, d’universités et de crèches est selon eux incompatible avec ce type d’établissement Avec Éric (Ciotti), nous avons fait une proposition, avec un bâtiment déjà identifié, pour qu’il soit installé à proximité directe de l’aéroport. Là encore, nous n’avons pas eu de réponse. Et pourtant, il y a dans le quartier une véritable levée de boucliers contre ce projet. »



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