Ce jeudi 16 janvier, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a annoncé son intention de faire classer trois sites régionaux au rang de Patrimoine national. Parmi eux, le splendide sanctuaire du Rosaire, à Vence, mieux connu sous le nom de « chapelle Matisse ».
Vers de nouveaux lieux classés en Provence-Alpes-Côte d’Azur ? Nous en prenons le chemin en effet, puisque ce jeudi 16 janvier, Rachida Dati, la ministre de la Culture, a proposé d’inscrire trois monuments de la région Sud à l’inventaire du Patrimoine national.
En déplacement à Marseille en ce milieu de semaine, l’hôte de la rue de Valois a fait cette annonce, qui concerne uniquement des biens religieux. Dans le Var, on retrouve le sanctuaire de la Sainte-Baume, un haut-lieu de pèlerinage, tandis que pour les Bouches-du-Rhône, dans la cité marseillaise, cela vise l’église Notre-Dame-de-la-Garde. Mais la Côte d’Azur n’est pas oubliée. Le troisième site n’est autre que la sublime chapelle du Rosaire.
Discrète et unique

On la retrouve du côté de Vence, dans le Pays de Nice, mais vous la connaissez peut-être mieux sous le nom de chapelle Matisse. Effectivement, c’est au célèbre peintre français que nous devons cette œuvre atypique. Tout d’abord, il faut savoir qu’elle se montre très discrète. Depuis la route, seuls quelques éléments peuvent vous permettre de l’identifier.
Une création spéciale, afin d’offrir un lieu de culte à Monique Bourgeois, une personne dont il fut très proche et qui appartient à la communauté des sœurs dominicaines. Mais il ne conçoit pas un bâtiment comme les autres, imaginant alors ce qui restera comme l’un des joyaux du territoire maralpin.
Confectionnant dans les dernières années de sa vie cette chapelle de A à Z, il se chargera de penser à tout. Les vitraux monumentaux, par exemple, seront sans doute l’une de ses grandes réussites. Ils filtrent la lumière naturelle, rendant un spectacle coloré exceptionnel pour une symphonie visuelle inédite. Un chef-d’œuvre entre minimalisme et éclat pour lequel l’artiste n’a pas chômé.
Réalisation à la fois culturelle et artistique
Il est aussi l’homme derrière les céramiques, stalles, bénitiers, objets du culte, ornements sacerdotaux, bien que des entrepreneurs et artisans locaux aient eux aussi apporté leur savoir-faire au projet. On y admire les grands tableaux qui représentent le Chemin de Croix, la Vierge à l’Enfant et Saint-Dominique.
Un espace muséal se remarque aussi à l’intérieur, comprenant d’autres toiles, ainsi que des dessins, gravures, maquettes, photos et textes. On repère également les murs blancs, sublimés simplement par les carreaux de céramique, donnant une touche imparfaite mais poétique aux parois.
L’iconique toit coloré et sa croix en fer forgé
Et que dire de l’extérieur ? On est ainsi subjugué par le toit de tuiles blanches et bleues, que Matisse a fait répartir selon un dessin, le tout orné d’une croix en fer forgé haute de treize mètres.
Cette dernière représente des croissants de Lune et des flammes dorées. Plus qu’un lieu de culte, la chapelle donc est aujourd’hui devenue un musée, installé dans les anciens bâtiments mitoyens d’une maison de santé.
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Le monument, inauguré en 1951, et ses confrères de Provence, font la fierté du territoire.
« Cette reconnaissance est une immense fierté pour notre région et un hommage rendu à trois lieux qui incarnent l’âme de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis des mois, nous avons œuvré pour que l’État reconnaisse l’importance historique, culturelle et spirituelle de ces sites uniques et qu’ils soient ainsi protégés pour les générations futures », a réagi Renaud Muselier, le président de la collectivité régionale.



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