Sans doute pour donner un nouvel espoir à ses militants après des résultats nationaux très décevants, le député réélu dans le centre-​ville a promis de "proposer une nouvelle espérance" à Nice, ne cachant rien de son ambition : ravir à Christian Estrosi la mairie dans deux ans.

À l'évocation des résultats nationaux, peu après 20 heures devant la perma­nence du port Lympia, les mines décon­fites des sympa­thi­sants de droite ont mis du temps à retrouver des couleurs. Mais une fois la déception digérée, les résultats promet­teurs obtenus sur le plan local, avec les trois circons­crip­tions niçoises désormais dans le giron ciottiste, ont laissé place à un peu de soulagement.

"La droite n'a pas réussi à s'unir sur le plan national alors qu'elle est majori­taire dans l'opinion, on voit le résultat ce soir, avec la victoire de la gauche, résume avec une pointe d'amertume un militant LR histo­rique, qui a soutenu le nouveau chemin tracé par le président des Républicains, l'alliance avec Marine Le Pen. À Nice, on voit que cela a fonctionné, avec le succès de ceux qui l'ont suivi. La décision coura­geuse qu'il a prise, en réunissant tous les patriotes, est logique et va dans le sens de la volonté de nombreux électeurs." 

Le succès au premier tour de Christelle d'Intorni (Nice-​ouest) et les victoires de Bernard Chaix (quartiers nord) et d'Éric Ciotti (centre-​ville) au second — sans candidat du Rassemblement national face à eux — ont confirmé une forme d'adhésion.

Nice penche (très) à droite

"Nous obtenons plus de 50.000 voix en ville, a souligné Éric Ciotti dans son discours. C'est une magni­fique victoire, et une marque de confiance alors que le contexte est chaotique. Nos résultats sont porteurs d'espérance pour l'avenir", a-​t-​il poursuivi, déjà tourné vers les prochaines échéances. 

"L'enseignement à retenir, c'est que nous sommes désormais ici le seul rempart face à l'extrême gauche. Nous ferons de Nice un exemple français."

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Bernard Chaix a été élu député pour la première fois en battant Philippe Pradal dans la 3e circons­cription de Nice [© Romain Boisaubert /​ Nice-​Presse]

Seul nouveau député des Alpes-​Maritimes par rapport à la précé­dente élection légis­lative, Bernard Chaix en est l'exemple. En distançant largement Philippe Pradal le 30 juin, unique élu issu de l'ancienne majorité et du camp estro­siste à Nice, le vice-​président du dépar­tement estime avoir indirec­tement lancé les prochaines municipales.

"Au niveau local, le message est fort, clair et limpide : la ville de Nice a voté à droite, a-​t-​il affirmé après sa victoire, déjà tourné vers des théma­tiques locales, pas toujours en lien avec l'Assemblée.

"J'ai rencontré tout au long de ma campagne des personnes qui ont énormément de mal pour aller travailler. Je demande officiel­lement à Christian Estrosi, le président de la Métropole, le phasage du chantier du tramway pour un démarrage plus rapide que celui du Palais des Congrès, qui comme on peut le voir ici, sur le port, n'est toujours pas lancé." Le match, lui, semble déjà l'être.

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