Exit les anciens projets dans la Plaine du Var, la nouvelle municipalité change de cap et mise sur des pôles de congrès au cœur de la ville, reliés par la mer. Entre baisse des taxes et économies pour les festivals locaux, Éric Ciotti compte rapidement transformer le moteur touristique niçois.
« Beaucoup a été raconté sur l’approche restrictive que je pourrais avoir, mais je n’en ai aucune. Je sais mieux que quiconque l’importance que l’ensemble du secteur a dans nos vies ».
Arrivé aux manettes de la municipalité il y a un peu plus d’un mois, Eric Ciotti réaffirmait jeudi ses positions sur le tourisme local devant un parterre de professionnels. « C’est le premier moteur de notre économie (…) et il doit continuer à l’être ».
Pas de grand Palais des Congrès, mais plusieurs nouvelles salles
L’une de ses missions, c’est « le retour des congrès ». La Métropole compte investir, et pas qu’un peu. Enterré, le projet de vaste Palais des Congrès et des Expositions excentré dans la Plaine du Var. La nouvelle équipe planche sur l’aménagement de plusieurs pôles distincts, liés entre eux par des bateaux.
On connaît leurs potentiels emplacements. La Vieille-Ville, au-dessus du parking Sulzer, le Port, à la place d’Océanice, et le Théâtre de Verdure qui serait alors recouvert pour accueillir du monde toute l’année.

Le maire entend faire développer le « French Riviera Pass », géré par l’office de tourisme, qui donne accès à de multiples lieux touristiques. « Il sera enrichi : les trottinettes électriques à Nice, l’hippodrome à Cagnes-sur-Mer, du kayak à Saint-Laurent du Var…».
Un ticket autour de « la nature et des terroirs » ferait également son apparition « en juin prochain ». « Un chatbot multilingue, basé sur l’IA, sera déployé avant l’été pour fournir des renseignements aux visiteurs ».
Selon lui, Nice pourrait faire bien mieux pour ce qui est de la culture : « cela fait longtemps que nous n’avons pas eu de grande exposition. Il faut réinventer des évènements au rayonnement international ».
Pour cette saison, bien des contrats avaient été signés avant les élections. Pour la suivante, il faudra voir avec quels moyens sont organisés les habituels festivités, alors qu’un plan d’économies de 80 millions d’euros est évoqué pour la commune. Le Nice Jazz devrait par exemple s’organiser à l’avenir avec 25 % de crédits en moins.
« Contre-choc fiscal »
Tout en multipliant les clins d’oeil au secteur privé. « Je crois que l’essentiel de notre potentiel réside là. Les hôtels, restaurants, commerces... Ces investissements sont cent fois supérieurs au public et peut-être mille fois plus efficaces » pose encore le premier magistrat. « Il faut créer le terreau fertile pour que l’initiative privée prospère ».
« Dès le 24 avril, il y aura une baisse de 20 % de la taxe foncière, et de 10 % de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Un contre-choc fiscal de près de cinquante-cinq millions d’euros qui seront réinjectés dans l’économie azuréenne ».
L’édile ne manque pas non plus d’évoquer l’aéroport, récemment agrandi. « Aujourd’hui, il est ouvert sur cent trente destinations internationales ». Soulignant son importance à l’approche des Jeux Olympiques 2030. « Nice n’aurait jamais été choisie sans lui » (reste à voir si elle accueillera réellement les épreuves…)
Et le « surtourisme » alors ?
Alors que les critiques contre le tourisme de masse se multiplient, la question n’a pas tellement occupé le discours municipal. « Il est aujourd’hui source de nombreuses nuisances et atteint ses limites, concède Eric Ciotti. Mais nous ne pouvons pas non plus fermer complètement nos portes à un rayonnement sur la base de critères qui seraient ségrégationnistes », entre les visiteurs fortunés et les autres.
Qu’en est-il des Airbnb, qui transforment certains quartiers en hôtels géants et poussent les habitants dehors ? Un « moratoire réglementaire » a été promis durant les municipales afin de suspendre l’apparition d’autres contraintes administratives. L’idée, rendre le cadre juridique plus lisible et plus solide, évitant ainsi les recours juridiques qui ont annulé plusieurs dispositifs ces dernières années.



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