L’INSEE révèle que plus de 13.000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été urbanisés en région Sud sur la seule période 2011-2020. Mais pour quoi faire ?
Le grignotage des espaces verts est un enjeu capital pour la préservation de notre planète. Car les autorités doivent jongler entre besoin de place pour accueillir et loger toute la population, et nécessité de sauvegarder des sites de la bétonisation. Néanmoins, celle-ci gagne du terrain années après années.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’INSEE révèle mercredi 18 juin que 13.000 hectares de terres naturelles, agricoles et forestières ont été « consommées » de 2011 à 2020. À noter qu’une parcelle est considérée comme telle qu’elle soit totalement, ou partiellement artificialisée (bétonnée, souvent).
Les espaces naturels majoritairement transformés en logements
À quoi ont pu servir ces nouvelles zones urbaines ? L’institution a établi que, pour environ un quart d’entre elles (24%), 3.100 hectares, l’utilité fut économique. Bien sûr, cela reste très inférieur à la part des transformations en habitations, qui atteint les 65%. La grande majorité de ces endroits deviennent donc des immeubles ou des maisons. Les infrastructures représentent 6,4%.
Dans cette étude, l’INSEE se concentre surtout sur le poids de l’activité économique. En grande partie, elles reçoivent des bureaux (24%) ou des parcs photovoltaïques (23%). Viennent ensuite l’industrie (15%) et les commerces (14%). Mais on remarque de grandes disparités tout de même en fonction de la collectivité observée.
L’activité économique pèse moins à Nice
Dans la Communauté d’agglomération Provence-Alpes (Digne-les-Bains, Majastres…) par exemple, l’activité économique pèse pour 59,6% dans le nombre d’hectares engloutis. On descend jusqu’à 5,5% dans les Lacs et Gorges du Verdon. Une terre moins concernée, car largement protégée.
À titre d’exemple, nous en sommes à 13,2% dans la métropole Nice-Côte d’Azur, soit bien en dessous de la moyenne régionale. Dans ce même territoire, il faut ajouter qu’entre 2011 et 2020, le secteur le plus gourmand fut celui des bureaux. Comme presque partout dans le Sud-Est. Et celui le plus surreprésenté par rapport au reste de Provence-Alpes-Côte d’Azur est sans surprise l’hébergement-restauration.
Sur cette décennie, on peut constater que la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour des bureaux fut assez régulière, passant néanmoins de 65 hectares en 2012 à 78 hectares en 2019 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. En revanche, le photovoltaïque a fait le yoyo de 68 hectares en 2012 à 37 hectares en 2013, pour remonter à 107 hectares en 2018.
Bouleversement de la dynamique
La tendance est désormais davantage tournée vers l’optimisation du foncier existant. L’INSEE prend en exemple la reconversion en pépinière du site du Puits Morandat, dans les Bouches-du-Rhône. Ce dernier est à présent un lieu d’accueil pour des entreprises, après avoir été un temps mobilisé pour l’industrie, avec un aménagement respectant une volonté de transition écologique.





C’est déplorable et ça ne s’arrêtera jamais la spéculation foncière, même lorsqu’il n’y aura plus un arbre !