Le programme immobilier Chagall, à Vence, met plus largement en lumière la question de la bétonisation de la commune. Un collectif citoyen s’est monté et le maire de la ville, Régis Lebigre, répond à leurs craintes dans nos colonnes ce mardi.
Ce constat, la Cour des comptes (CRC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur le souligne dans son enquête parue en janvier. Le département des Alpes-Maritimes est celui de la région Sud ayant le plus de sols artificialisés (64%). Ces derniers mois, ce sujet est devenu l’une des principales préoccupations des habitants de Vence, et notamment du collectif citoyen qui s’est formé.
Comme ils le développent dans un sujet que Nice-Presse leur a consacré le 22 janvier dernier, ces résidents militent contre le projet immobilier Chagall. Ce vaste chantier à l’Ouest de la ville cristallise les tensions depuis de nombreuses années.
Les travaux du premier îlot, au Nord, entre les avenues Rhin-et-Danube et Henri-Giraud, ont été achevés en fin d’année. Pour le second secteur, tout est à l’arrêt suite à la décision du maire, Régis Lebigre, de faire stopper l’aménagement dans sa forme actuelle.
Plusieurs chantiers de grande ampleur, des habitants inquiets
Au-delà de Chagall, l’association s’inquiète pour d’autres dossiers de grande ampleur, comme une résidence sociale dans le quartier des Meillières. Il y a aussi un établissement pour les seniors aux Cadrans Solaires, ou encore des constructions sur le terrain de la Pépinière Gaudissart et en dessous du Leclerc.
Face à ces craintes de voir leur localité dévisagée par de trop nombreuses constructions, les membres du collectif ont exigé la mise en place d’une charte de l’urbanisme.
Un point qu’a apprécié l’édile Régis Lebigre. « Je note qu’ils ont des idées intéressantes. Ils ont proposé une charte de l’urbanisme plus précise que le PLU (plan local d’urbanisme, ndlr), que nous avons immédiatement adoptée, a-t-il rappelé dans un entretien qu’il nous a accordé. Mais il faut se poser la question : où étaient ces citoyens lors des deux mois de recours possibles contre Chagall, une fois le permis de construire déposé ?»
En réponse aux critiques qui visent l’urbanisation, le premier magistrat de Vence met en avant le nombre grandissant de demandes des ménages souhaitant vivre dans la cité d’Art et d’Histoire.
« Il y a 617 personnes en attente de logement sur la commune. Ce sont des familles, des jeunes actifs, des personnes en grande difficulté, qui nous envoient des lettres poignantes. Nous devons leur apporter des solutions », a-t-il affirmé.
Besoin de logements sociaux
Le maire doit aussi jongler avec la loi S.R.U. sur les HLM. Celle-ci prévoit que chaque municipalité dispose de 25 % d’habitations sociales. Or, cet engagement est devenu difficilement tenable, ce que dénoncent de nombreux élus.
« L’équilibre entre logements accessibles et préservation du cadre de vie est délicat, a insisté Régis Lebigre. Nous sommes à 7 %. Si nous ne démontrons pas un effort, le préfet peut nous sanctionner lourdement : une amende de près d’un million d’euros par an, et la perte du droit de préemption. À terme, l’État pourrait imposer directement la construction de logements sociaux sur des terrains qu’il aurait préemptés. »
Il était d’ailleurs signataire en février 2024 d’une tribune dans le Journal du Dimanche pour pointer du doigt « les dérives » de cette législation. On le retrouvait aux côtés d’autres hommes et femmes politiques de la Côte d’Azur, dont Christian Estrosi, à Nice.





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