Dans toute l’Europe, la gronde se fait entendre face au surtourisme. En Espagne, en Angleterre, en Italie, les protestations prennent parfois des tournures inattendues.
Comme tous les ans à cette période, il s’agit d’un « gros mot » pour les municipalités les plus impactées. Le surtourisme est au centre des débats, provoquant des difficultés d’accès au logement, des complications de circulation, voire des dégâts sur les sites naturels les plus fragiles.
Ayant du mal à endiguer le phénomène, les grandes cités tentent d’appliquer des restrictions lors des pics de fréquentation. Mais dans plusieurs localités, cela ne suffit pas à ralentir l’afflux de touristes, ni la gronde de plus en plus palpable de la population. Parmi les principaux contestataires en Europe, nous retrouvons les Barcelonais.
Ras-le-bol
Et la protestation peut parfois prendre une tournure inattendue. À Barcelone, mais aussi sur l’île de Majorque, des militants ont tiré sur des plaisanciers à l’aide de pistolets à eau. Dans la capitale catalane, ils étaient plusieurs centaines, défilant sous les banderoles « Le tourisme nous vole » et « Un touriste de plus, un résident de moins », rapporte la presse locale.
Les manifestants se soulèvent contre la hausse du coût du logement, provoquée selon eux par la surfréquentation, et par l’extension de l’aéroport du Prat, qui permettrait de recevoir jusqu’à 15 millions de voyageurs en plus.
Des maisons noires à Londres, une amende pour des chaussures en Italie
Ces marches ont également eu lieu dans d’autres communes espagnoles, à Venise (Italie) ou encore à Lisbonne (Portugal). En Angleterre, du côté de Notting Hill, célèbre quartier de Londres, les visiteurs ont pris l’habitude, pour certains, de se montrer assez envahissants. Afin d’y remédier, les habitants ont fait des choix radicaux, comme peindre leur maison dans des tons moins voyants, en noir ou en gris. Et des voisins ont installé des chaînes devant leurs escaliers…
Des mesures plus contraignantes existent au parc des Cinque Terre, en Italie. Un site somptueux plébiscité pour ses décors et ses chemins dédiés à la randonnée. Pour éviter toute imprudence, les autorités ont interdit les chaussures ouvertes ou à semelle lisse, dont les tongs, en 2019. Si vous ne portez pas le bon équipement, l’amende peut aller de 50 à 2500 euros. Dissuasif.
Zone à selfies et contrôle de la location des scooters
Revenons en Espagne, où une « zone à selfies » est instaurée à côté de la Sagrada Familia pour prendre une photo avant d’entrer dans l’église. À Benidorm, grande station balnéaire, vous ne pouvez louer un scooter qu’en cas de nécessité absolue. Il faut donc avoir une bonne raison pour s’en procurer, avec l’objectif de limiter les usages à risque. Les contrevenants encourent une peine pouvant grimper jusqu’à 500 euros.
- À LIRE AUSSI… En Provence-Alpes-Côte d’Azur, comment « le plus beau village du monde » s’est retrouvé confronté au surtourisme ?
Pendant ce temps, sur la Côte d’Azur, on essaie de ne pas atteindre le point de non-retour. À Nice, la mairie a pour objectif de réduire « a minima de moitié » le taux de logements meublés touristiques.
Autre dossier, les paquebots de croisière. Une limitation sera mise en place dans la Métropole niçoise, tandis que Cannes n’autorisera plus qu’un seul bateau de plus de 3.000 personnes à mouiller quotidiennement dans sa baie à partir de 2026.





Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.