Dans la nuit du 13 octobre et le 15 au soir, cinq policiers ont été blessés en service à Nice, dont certains grièvement. L’un de ces incidents a eu lieu aux Moulins, quartier sous le feu des projecteurs ces derniers jours après une énième fusillade.
Dans un entretien qu’il avait accordé à Nice-Presse le mois dernier, Julien Hausknecht, le secrétaire général d’Alliance Police Nationale 06, s’était confié sur les nombreuses attaques contre les forces de l’ordre. Il déplorait « une perte de la peur de la sanction, et (que) trop d’agressions se terminent par un simple rappel à la loi. »
Appelant à une règle simple, « toucher un policier, c’est aller en prison », le syndicaliste souhaitait que lui et ses collègues se sentent « soutenus par la justice, avec des punitions fermes qui envoient un vrai message. » Des propos qui prennent d’autant plus de sens cette semaine, avec pas moins de deux méfaits à l’encontre d’agents niçois.
3 semaines d’ITT pour l’un des agents blessés
Le premier a eu lieu dans la nuit du lundi 13 octobre, avec deux fonctionnaires blessés par un individu au cours d’une altercation. L’un a reçu trois semaines d’incapacité totale de travail à cause d’une fracture à la main, le second s’est vu prescrire un jour d’ITT. Le mis en cause a été interpellé pour consommation et détention de stupéfiants.
Déjà connu pour tentative de meurtre et actes violents, il a été condamné à quatre mois de prison ferme et à deux ans de sursis, indique le syndicat Un1té. Une obligation de soins figure aussi au verdict.
Le trafic de stupéfiants en toile de fond
Quelques heures plus tard, dans la soirée du mercredi 15 octobre, ce sont trois policiers qui ont été victimes d’autres dérapages. La scène s’est déroulée dans le quartier des Moulins, une douzaine de jours après la fusillade meurtrière du 3 octobre.
Des tensions qui trouvent encore leur source dans le trafic de drogues. En milieu de semaine, trois agents appartenant à la Brigade spécialisée de terrain, qui intervient dans les zones sensibles, ont été légèrement touchés aux genoux, aux lèvres et aux mains. Le tout dans le cadre d’une opération dans un point de deal.
Tandis qu’ils arrêtaient un guetteur, les forces de l’ordre ont été prises à partie par plusieurs personnes, à base de jets de pierres et de cannettes en verre. Les fonctionnaires auraient alors riposté avec des tirs de lanceurs de balles de défense. L’aide est venue de la CRS 38, appelée en renfort, raconte encore Alliance PN 06.
6.258 policiers blessés en 2024 en France
Suite à ces faits divers, les représentants des policiers ont réclamé que les « auteurs soient sévèrement sanctionnés ». L’organisation met surtout en avant les chiffres de l’IGPN, qui font état de 6.258 blessés dans les rangs en 2024, pour l’ensemble du pays.
Dans nos colonnes, Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental de Un1té PN 06, appelait à des changements dans le cadre de la légitime défense des policiers. Selon lui, le plus important serait de « créer un pôle de magistrats spécialisés » sur ce sujet sensible.





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