Sur la Côte d’Azur notamment, la saison a été positive, bien plus que prévu. Mais la pénurie de main d’oeuvre dans les campings, hôtels, bars et restaurants a créé de grandes complications pour les pros du secteur.
« C’est le point noir de l’été ». La saison a été plutôt belle en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, sans être trop impactée par l’arrivée du « pass sanitaire ». Les touristes, essentiellement européens, sont revenus en nombre dans le Sud-Est -- et notamment à Nice où les chiffres sont exceptionnels. Mais pas les travailleurs saisonniers.
« Nous avons réalisé une magnifique saison, mais nous avons fait face à une problématique d’emploi. Les professionnels le déplorent, de manière unanime » rapporte François de Canson, président du Comité régional de tourisme (CRT) Provence Alpes-Côte d’Azur auprès de L’Écho Touristique.
Dans de nombreux campings, hôtels, les restaurants, bars, les bras ont cruellement manqué en juillet-août. 7.500 emplois sont ainsi répertoriés et non-pourvus en région.
« Nous devons nous emparer le plus rapidement possible de cette question, qui engendre un considérable manque à gagner » complète M. de Canson.
Dans ce reportage de Nice-Presse publié le 19 août, Michel Tschann, président honoraire de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, ne disait pas autre chose. Propriétaire à Nice de l’hôtel Le Splendid, un quatre étoiles de 128 chambres, et du Gounod, un trois étoiles de 43 chambres, il regrette : « on n’a pas pu rouvrir le Gounod parce qu’on a dû concentrer le personnel sur Le Splendid. C’est à peu près 100.000 euros de recettes perdues sur le mois d’août, simplement parce qu’on n’arrivait pas à trouver de personnel de nettoyage. »
Pour Michel Tschann, toujours dans nos colonnes, « c’est déroutant de payer des cotisations chômage et de ne pas trouver de personnel sur des emplois qui, pourtant, ne nécessitent pas beaucoup de qualifications » : une situation qui « énerve » alors qu’il y a « des millions de chômeurs en France ».
Et 330.730 rien qu’en Paca, au 27 juillet 2021 selon l’INSEE.
Comment expliquer cette absence de main-d’oeuvre ? « Le secteur a connu un arrêt complet. Les personnes ont donc eu tendance à chercher des emplois ailleurs, developpe François de Canson chez nos confrères. Aujourd’hui, charge à nous de resensibiliser notamment les jeunes sur l’intérêt d’y travailler, ce que nous allons faire. Le tourisme représente en région 13% du PIB, et 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il faut gagner cette bataille de l’emploi. »
Pour M. Tschann, patron d’hôtels, l’explication est également à trouver du côté de l’obligation vaccinale induite par le « pass sanitaire », qui aurait pu repousser certains travailleurs habituels.
La pénibilité de ces tâches (horaires à rallonge, exigence physique…) et la précarité de certains contrats n’arrangent évidemment pas les choses.



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