La Métropole niçoise projette d’utiliser le futur Centre des congrès en ce moment aménagé au port sur « six à quinze ans ». Un élu Vert au conseil municipal en doute, après avoir lu l’avis rendu par l’architecte des bâtiments de France, qui ne juge par les installations au niveau du périmètre Unesco. Mais l’intérêt supérieur des futurs JO d’hiver est invoqué par la collectivité.
« L’usage pourrait s’étendre sur 6 à 15 ans »
« Après le sommet des Nations unies, ce que nous construisons permettra au quartier de disposer d’un nouveau centre des congrès et d’une gare maritime qui feront rayonner encore plus Nice et son port ». Au cours d’une visite de chantier avec plusieurs acteurs économiques, le président de la Métropole répondait le 12 mars aux questions fréquemment posées. Parmi lesquelles, évidemment, la durée de vie des installations, annoncées comme étant semi-permanentes/semi-provisoires.
« Lors de la livraison du bâtiment fin avril, nous communiquerons un premier calendrier prévisionnel d’une programmation 2025-2030 mêlant expositions grand public, salons, séminaires, congrès et évènementiel » disait Christian Estrosi. Et de compléter : « Bien que le permis de construire soit éphémère, l’usage pourrait s’étendre sur 6 à 15 ans, selon les besoins de la ville »
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Ce qui fait douter l’opposition
« Ces affirmations sont étonnantes » estime l’un des élus EELV au conseil municipal ce mardi 18 mars. Ainsi, Jean-Christophe Picard note que « le permis de construire en date du 5 décembre 2024 a été accordé à titre précaire. Son article 2 précise que « la date à l’expiration de laquelle le pétitionnaire doit enlever la construction autorisée est fixée au 5 décembre 2027 » D’autre part, il est peu probable que ce permis soit renouvelé au regard de la mise en garde de l’Architecte des Bâtiments de France. »
« Il s’agissait d’au avis favorable exceptionnel et très explicitement limité dans le temps. Dans ce contexte, la durée annoncée par Christian Estrosi apparaît incertaine, voire fantaisiste »
« Le maire joue la montre et cherche à enjoliver les choses jusqu’aux élections municipales de mars 2026. La réalité est, en effet, cruelle : il a fait raser un palais des congrès de 21.000 mètres carrés, pérenne, pour le remplacer par un centre des congrès de 10.600 mètres qui sera utilisé seulement pendant deux ans et demi ».
Précisons sur le même thème que dans nos colonnes le 1er mars, Christian Estrosi soulignait que « le projet de Parc des Congrès et des Expos de la Plaine du Var n’a pas changé, et pour son calendrier, aujourd’hui, nous nous fixons sur fin 2029, l’échéance des Jeux olympiques d’hiver de 2030 ».
Que dit concrètement l’Architecte des bâtiments de France ?
Le corps des architectes des Bâtiments de France a pour mission de « rendre cohérent le respect du patrimoine et l’aménagement du territoire ». Puisque le Port Lympia revêt de ce point de vue là un intérêt majeur, l’ABF a bien été consulté avant la remise du permis de construire, pour lequel il a remis un avis favorable, que nous avons consulté.
Ce feu vert était toutefois nuancé. « Seule l’urgence de devoir répondre à l’engagement de la France d’organiser dans des délais extrêmement contraints le sommet de l’UNOC en juin 2025 permet la réalisation de cette construction ».
De fait, l’accord est « précaire ». Au-delà, l’ABF estime qu’il faudra construire… autre chose :
« Son caractère précaire, limité à trois ans, correspondant au temps raisonnablement nécessaire au lancement et au déroulement de l’ensemble des procédures administratives adaptées pour que la collectivité puisse disposer à cette échéance, et si elle le souhaite, d’un nouveau projet à édifier de façon pérenne dans ce lieu emblématique »
Pour cet expert de l’Etat, « le quai Internet se trouve à l’exacte articulation de la colline du château, de la baie des Anges, et du port Lympia, c’est à dire au cœur de Nice capitale du tourisme d’hiver de Riviera ». Or, « malgré de réels efforts », cette construction « pré-fabriquée » ne répond pas aux exigences d’un périmètre Unesco, du fait de sa « fragilité », et de son aspect général.
Pourquoi la Métropole ne change rien à ses plans
Pour la collectivité, sollicitée par Nice-Presse mardi, l’intérêt supérieur des Jeux olympiques d’hiver 2030 va permettre d’étendre la période d’utilisation de ce centre des congrès, puisqu’il doit accueillir les médias internationaux dans cinq ans.
« Cette structure éco-constructible (sera maintenue en l’état) a minima jusqu’aux JO 2030, voire beaucoup plus. Ce sont des modules qui sont destinés à rester. (L’ensemble) sera inclus dans la prochaine loi olympique, ces prochaines semaines. »





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