Depuis son entrée en campagne en vue des élections municipales en 2026, Christian Estrosi a largement égratigné Éric Ciotti et le RN. Une extrême droite qu’il juge dangereuse pour la ville.
Cela faisait partie des petites piques lâchées lors de son premier meeting de campagne. Au cours du rassemblement organisé le 22 novembre au centre des congrès OcéaNice, Christian Estrosi n’a pas manqué d’attaquer ses principaux rivaux pour les futures élections municipales de mars 2026.
Dans son discours, le maire évoque notamment « la gauche LFI » et le « représentant de l’extrême droite », une dénomination qui lui sert à désigner sans le nommer son rival le plus important, Éric Ciotti (UDR). Une position qu’il maintient, dénonçant le ralliement du patron de l’Union des droites pour la République au Rassemblement national, depuis l’été 2024.
Pour Estrosi, le RN « entend mettre sous tutelle idéologique des territoires en France »
Le vice-président du parti Horizons s’en est expliqué à Nice-Presse, vendredi 28 novembre. Selon lui, l’extrême droite représente un danger pour la localité azuréenne. « Je suis le maire de tous les Niçois, j’ai toujours été un rassembleur. Il ne s’agit pas de pointer du doigt les électeurs. Mais Marine Le Pen et Jordan Bardella ne s’en cachent pas, ils entendent mettre sous leur tutelle idéologique certains territoires de France. Je ne veux pas cela pour Nice », a-t-il clamé.
Pour lui, la capitale maralpine « doit rester une ville d’indépendance et de liberté d’expression. Avec moi, jamais les associations n’ont été affidées à ma politique. Les méthodes du RN, c’est ‘vous faites comme je veux, sinon, nous vous priverons de tout’.»
La campagne de Ciotti, une « imposture »
🔴 .@anthony_borre à Nice-Presse Dimanche :
«@eciotti veut faire de Nice un laboratoire pour le RN. Sa campagne est une imposture, menée depuis le château de Montretout par Marine Le Pen. Ciotti est le supplétif de l’extrême droite »#NICE06 @cestrosi
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Anthony Borré, son directeur de campagne, affirme qu’Eric Ciotti « veut faire de cette ville un laboratoire pour le Rassemblement national. Sa campagne est une imposture car elle est menée depuis le château de Montretout par Marine Le Pen. Il n’est que son supplétif. »
Tout en rappelant que Christian Estrosi a fustigé « l’ensemble de ses adversaires », dont « la France insoumise, qui est aussi un danger pour Nice », son premier adjoint blâme « tous ceux qui rejoignent cette liste en pensant qu’ils conserveraient leur liberté. Ils se trompent lourdement, ajoutait-il dans nos colonnes. Jean-Pierre Rivière (l’ex-président de l’OGCN, ndlr), par exemple, a en réalité fait le choix de cette extrême droite. »
Le maire a déjà accueilli parmi ses conseillers ou ses élus d’anciens membres du Front national, mais en combattent vivement le parti lui-même, notamment lors des régionales de 2015, où il l’avait comparé à demi-mots aux nazis, avec son slogan « Résistance ».
« Méprisable »
Un axe anti-RN appuyé également par Pierre-Paul Leonelli, qui n’est autre que le chef de la majorité (UDI-LR-Horizons-Renaissance-Radicaux) au conseil municipal. Celui qui est par ailleurs vice-président à la Métropole a admonesté le député des Alpes-Maritimes et son colistier Jean-Pierre Rivère.
« Il y a les alliances que l’on affiche et celles qu’on dissimule. Avec Eric Ciotti, la politique devient un exercice d’équilibrisme où l’on sourit à tout le monde tout en jurant n’être à personne, écrit-il. Or, la force d’un projet tient d’abord à sa clarté. Ici, la ligne se dilue. Les historiques du Rassemblement national côtoient ceux qui s’en disent allergiques, mais marchent au même pas, à condition que le logo reste sous la table…»
Pierre-Paul Léonelli poursuit : « et le chef d’orchestre, Éric Ciotti, dans tout ça ? Il promettait récemment une liste ‘sans étiquette’, avec même des élus de gauche, sans logo du RN… tout en s’affichant avec Benoît Kandel, responsable départemental du parti, qui fait campagne pour lui dans les rues de Nice. Les électeurs, eux, lisent entre les lignes. Assumer une alliance, c’est l’exposer et la défendre. La cacher, c’est prendre les citoyens pour des figurants ou pour des imbéciles, c’est méprisable. »






