Nous vous l’annoncions ce mercredi 10 juillet : après plus de douze ans à ce poste, Christian Estrosi démissionne de la présidence de la Métropole Nice-Côte d’Azur, tout en étant candidat à sa réélection. Voici les phrases-clés de son discours, prononcées devant l’ensemble des élus au Centre universitaire méditerranéen.
- Mise à jour… Métropole de Nice : ce qu’il faut comprendre de la vraie-fausse démission de Christian Estrosi
« Nous voulions une métropole qui rassemble »
« J’ai voulu cette métropole comme un espace rassembleur. Celles et ceux qui l’ont fondée avec moi partageaient cette aspiration ». Le maire de Nice a commencé par prendre acte d’une certaine fin de la concorde au sein de l’assemblée métropolitaine. « Pendant une décennie, nous sommes parvenus à préserver cette belle enceinte des débats stériles, hormis naturellement celles et ceux qui ont voulu faire prévaloir leur fait politicien et idéologique ».
« Pendant une décennie, nous avons incarné ce beau mot de solidarité dans son sens le plus noble, au service de nos populations et de ce territoire » évoquant aussi les grands chantiers, les équipements, les infrastructures et les services publics. « Ce modèle n’a pas survécu aux profondes fractures qui divisent notre pays ».
« Une montée des extrêmes »
« Nous devons faire face à la recomposition politique et à la montée des extrêmes, de gauche comme de droite. Au cours de la campagne électorale qui vient de s’achever, certains d’entre vous ont tenu des déclarations très hostiles à l’égard de la métropole, de son action et de ses services ».
Le mois dernier, il est vrai que des vice-présidents, présidents de commissions et conseillers métropolitains ont publiquement critiqué l’action de la majorité de la Métropole, tout en prenant partie pour les candidats de l’alliance LR-RN, plutôt que pour ceux soutenus par Christian Estrosi.
Dans la cinquième circonscription, qui comporte de nombreux villages maralpins, l’adjoint au maire de Nice qui se présentait n’a obtenu que 14% des suffrages, avec un soutien timide de certains édiles communautaires.
« Des maires qui ne votent pas notre budget. D’autres qui critiquent vertement et publiquement les actions de la métropole. D’autres qui critiquent notre action…»
« Nous ne pouvons plus fonctionner comme ça »
« Il devient évident que nous ne pouvons plus fonctionner comme nous le faisions jusqu’alors, sauf à ajouter encore de la confusion à la confusion. Le poison de la division et la myopie qui fait privilégier à certains l’intérêt personnel immédiat à l’intérêt collectif de long terme ont donc eu raison de ce fonctionnement ».
« Il est temps de clarifier les choses. (…) Comme il n’est pas question pour moi de présider un exécutif où figurent des élus d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, ou leurs soutiens et comme la confusion qui règne dans notre assemblée dégrade l’image et l’action de notre Métropole, je vous informe que j’ai décidé de démissionner de mon poste de Président ».
« Dans quelques instants, je transmettrai cette démission au Préfet des Alpes- Maritimes. Vous serez convoqués dans quelques jours et dans les délais légaux pour vous doter d’un nouveau Président et d’un nouvel exécutif ».
Christian Estrosi se porte candidat à sa réélection, pour voir sa position renforcée. Une nouvelle élection sera organisée, autour du 19 juillet. Avant cela, l’élu de Cagnes-sur-Mer Louis Nègre assurera l’interim. Rappelons que la Métropole contribue pour beaucoup au développement de Nice, sa présidence est donc absolument stratégique. Le maire aborde un été chahuté, après avoir vu ses candidats battus aux législatives dans les trois circonscriptions niçoises, par ceux du camp d’Eric Ciotti.



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