Crise à Lenval : quatre députés UDR de Nice accusent la municipalité de ne pas défendre l’indépendance et l’intégrité de l’institution, au détriment de « l’intérêt des patients et de l’équilibre du système de soins ».
TRIBUNE LIBRE. C’est l’un des joyaux de Nice et pourtant, la situation de crise s’y est enlisée depuis plusieurs mois. Au coeur de l’hôpital Lenval, les tensions sociales sont vives cet été, et les mouvements de grève se sont multipliés. Sans compter les personnels médicaux eux-mêmes placés en arrêts, pour burnouts et dépressions.
Sont dénoncés les conditions de travail, un dialogue interne distendu, des rapports détériorés avec le CHU… Avec une farouche volonté de préserver l’indépendance de Lenval. Dans un texte transmis à Nice-Presse vendredi 25 juillet, les trois députés de la ville, Éric Ciotti, Bernard Chaix et Christelle d’Intorni (Union des droites pour la République), ainsi que l’eurodéputé Laurent Castillo (idem) prennent position.
« Lenval ne doit pas mourir »
À Nice, l’hôpital Lenval n’est pas un simple établissement de soins. Il est une institution, un lieu d’excellence, une fierté pour les Niçois. Des générations d’enfants y ont été soignées avec compétence et humanité. Fondée il y a plus d’un siècle, la Fondation Lenval s’est imposée comme une référence nationale dans le champ de la pédiatrie, au point que l’Agence régionale de santé elle-même avait reconnu, dès 2013, la pertinence d’un pilotage intégral de l’offre de soins pédiatriques par cet acteur reconnu d’utilité publique.
Cet engagement, formalisé dans un accord entre la Fondation Lenval et le Centre hospitalier universitaire de Nice, prévoyait une répartition limpide des missions : à Lenval la totalité de la pédiatrie, au CHU tout le reste. C’était un choix cohérent, fondé sur l’intérêt supérieur des jeunes patients et l’efficacité du parcours de soins. Ce fut aussi un choix salué à l’époque comme un modèle de coopération territoriale entre public et privé non-lucratif.
Douze ans plus tard, force est de constater que cet accord n’a pas été respecté. Pire encore, il a été insidieusement vidé de sa substance par une série de décisions unilatérales et de manœuvres discrètes, qui ont contribué à grandement fragiliser Lenval. Certaines activités de pointe, qui auraient dû être transférées, sont par exemple restées cloisonnées sur le site de l’Archet.
La présidence, qui est exercée par Christian Estrosi et la direction du CHU, a rompu avec l’esprit de coopération prévu par l’accord de 2013 en choisissant de ne plus régler certaines factures dues à la Fondation Lenval. Ce faisant, elle a créé un déséquilibre immédiat. Pour faire face à cette décision unilatérale, Lenval s’est vu contraint, à son tour, de geler les paiements qu’elle devait au CHU. La situation est simple : les conséquences de cette impasse sont infiniment plus lourdes pour Lenval, fondation à but non-lucratif, que pour un établissement hospitalier bénéficiant de la solidarité de l’État.
À cette asphyxie financière s’ajoute une situation sociale fragilisée. Les inquiétudes exprimées par certains syndicats sur le climat interne ne sont pas nées d’un vide. Elles s’expliquent d’abord par l’instabilité chronique imposée à l’établissement depuis plus de dix ans. C’est bien le non-respect persistant des engagements pris par la direction du CHU et le détricotage progressif du projet pédiatrique unifié qui ont créé les conditions de cette crise. Dès lors, comment s’étonner de la défiance et de l’épuisement moral des courageux soignants qui poursuivent pourtant admirablement leur travail ?
Plus grave encore, certains signaux laissent entrevoir un projet que l’on devine sans jamais qu’il ne soit publiquement assumé : celui d’une absorption progressive de Lenval par le CHU, qui verrait dans la revente du site de la Promenade des Anglais un moyen de soulager une dette devenue écrasante et de financer un projet mégalomane de gigantesque hôpital dans la plaine du Var. Ce scénario serait non seulement une faute stratégique, mais une trahison de l’intérêt général. Car il ne s’agit pas d’un jeu de pouvoir entre établissements : il s’agit d’un choix de société, d’un choix de santé publique : celle de nos enfants !
Lenval ne doit pas seulement être préservé : il doit être pleinement soutenu, car il porte en lui une promesse d’avenir pour notre ville et pour ses enfants. Fort d’une expertise médicale reconnue, d’une capacité d’innovation rare et d’un ancrage territorial solide, il est prêt à franchir une nouvelle étape majeure avec le Centre Intégré de Santé de l’Enfant.
Ce projet d’envergure, rigoureusement conçu, budgété et planifié, prévoit de rassembler sur un même site toutes les spécialités pédiatriques, y compris les parcours les plus complexes, en lien avec la recherche, l’enseignement, le médico-social et la prévention. Il incarne une vision moderne de la pédiatrie, centrée sur l’enfant et sa famille, qui pourrait devenir un modèle national. Ce projet peut voir le jour dès 2027. Il ne manque qu’une chose : la volonté politique de le rendre possible. Lenval n’est pas un héritage à gérer. C’est une chance à saisir !
Nous voulons le dire avec solennité : les Niçois ne veulent pas voir disparaître Lenval. Ils veulent que cet hôpital reste autonome, fort, capable de remplir sa mission dans la durée. Ils ne comprennent pas pourquoi certains responsables publics, à commencer par la municipalité de Nice, ont choisi de cautionner une stratégie de dilution.
Chacun sait l’engagement des soignants du CHU, dont le dévouement est admirable. Mais les choix stratégiques de certains décideurs posent aujourd’hui question. Ils semblent de plus en plus s’éloigner de l’intérêt des patients et de l’équilibre du système de soins.
Face à la gravité de la situation, Eric Ciotti a interpellé la ministre de la Santé à l’Assemblée nationale. Il a également saisi le ministère par courrier. Le gouvernement lui a répondu officiellement : une mission d’inspection de l’IGAS est en cours. Nous veillerons à ce qu’elle fasse toute la lumière sur les pratiques observées et les responsabilités engagées. La transparence est un impératif.
Pendant que certains sont prêts à sacrifier un hôpital pédiatrique afin de masquer des dettes, de couvrir des erreurs ou de préserver des intérêts politiques, nous refusons que la santé des plus jeunes devienne l’otage de ces calculs. Quand on est un homme politique ou un décideur public, l’intérêt des enfants devrait toujours primer sur son intérêt propre. Défendre Lenval, ce n’est pas défendre une structure, c’est affirmer que dans une ville digne de ce nom, la santé de nos enfants n’est ni une option, ni une monnaie d’échange. Elle est un devoir absolu.
Nous le disons avec solennité, nous ne laisserons pas disparaître Lenval.
Par Éric Ciotti, Christelle d’Intorni et Bernard Chaix, députés UDR des Alpes-Maritimes, ainsi que l’eurodéputé Laurent Castillo



Soutien total à Lenval
Je n’ai pas compris la raison pour laquelle Lenval n’avait pas de service d’hématologie pédiatrique. En effet, les enfants et adolescents atteints d’un cancer hématologique et autres tumeurs doivent être pris en charge à l’Archet et Antoine Lacassagne et/ou le centre de proton thérapie. Mon fils a eu un lymphome en 2015 à 15 ans et n’a pas été pris en charge à Lenval. Pourquoi ce cloisonnement ?
Lenval ne « mourra pas » Le système de santé niçois est construit sur un chu des CH des cliniques, un brillant CAL et des EsPIC qui sont toutes de bonne tenue et rendent des services aux usagers. Le système de santé doit prochainement être réformé dans sa totalité pour baisser le coût de la santé dans la part du PIB tout en améliorant la qualité ( oui c possible!). Alors place à la coopération intelligente plutôt qu’à des réflexions basées uniquement sur les équilibres financiers qui dressent les uns contre les autres. Servez l’intérêt supérieur de la nation et des citoyens patients… Lire la suite »
Soutient à Lenval
On voit bien se qui se passe en France, le Gouvernement continue la destruction de l«Hôpital Public
Encore une très mauvaise décision d’un maire qui cherche par tous moyens de l’argent pour faire face à sa mégalomanie qui conduit notre ville au désastre mais comment ce petit monsieur ose s’en prendre à cette noble institution qui fait partie du patrimoine immémorial de notre ville
Il n’y a pas que du bien à dire de cet hôpital, j’en ai fait hélas l’expérience comme parent voici longtemps. Mais le texte des Ciottistes est si évidemment politicien qu’il n’apporte rien au vrai débat sur l’avenir de Lenval.
Nos enfants n’ont pas à subir les erreurs des personnes qui en sont a l’origine . Ont est 3 générations à avoir été soignée ‚et même sauvé. Alors lenval c’est un hôpital hors-norme. Mais dommage qu’il n’y ait plus les urgences pour adultes. Je soutiens tout le service médical . A fond derrière vous