Quel bilan tirer du côté des entreprises niçoises alors que la haute saison vient de s’achever ? Comment les soutenir face aux ogres Amazon et consorts ? Franck Martin, l’adjoint au maire délégué aux commerces, fait le point dans Nice-Presse Dimanche.
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On sait que la saison a été plutôt positive pour les hôteliers, beaucoup moins pour les restaurateurs. Et pour les commerces ?
Je retiens beaucoup de disparités, entre les quartiers et entre les secteurs évidemment. Certains ont connu un très bel été. Internet, certes, frappe fort le textile. Les indépendants tirent aussi davantage la langue que des franchises ou de grands groupes. Je note que la dernière grande braderie a très, très bien fonctionné. Et la grève leur a plutôt profité puisque la manifestation s’est rapidement terminée et qu’il y avait, du coup, du monde en ville pour une session shopping…
Je ne vais pas vous dire que tous ont le sourire. Certains ont dû ouvrir jusqu’à 21 heures pendant l’été pour espérer s’en sortir avec un seuil de vente suffisant. La période est tendue, c’est une bataille incessante qu’il faut mener.
🛍️ La Grande Braderie est de retour !
— Magali Altounian (@MagaliAltounian) September 18, 2025
Avec @cestrosi et @FranckMARTIN06, @AvenueNice, @fcna_nice et @niceshopping pour le coup d’envoi de ce rendez-vous niçois incontournable.
3️⃣ jours de bonnes affaires chez nos commerçants locaux, qui font vivre le ❤️ de ville. pic.twitter.com/45gbf5j669
Que demandent-ils à la mairie ?
L’aménagement des rues bien sûr. Nous réétudions l’avenue de Suède, la concertation publique vient d’ouvrir pour la zone piétonne Massena… Il faut rééquilibrer l’axe, pour avoir un meilleur mix entre les restaurants et les magasins.
Que répondez-vous au sujet des magasins, notamment sur Gambetta, qui se font piller presque chaque semaine par des marginaux ou bien par des filières de reventes clandestines ? On entend beaucoup de colère…
Nous avons présenté un plan Vigicommerces, avec une brigade dédiée, des interlocuteurs identifiés et un réseau de vigilance. Est-ce suffisant ? Evidemment que non, puisque la sécurité, c’est l’Etat. Notre police municipale n’a pas le droit de contrôler les identités. Que les députés qui nous font de grandes leçons aillent faire changer cette absurdité à Paris.
L’activité du centre historique est-elle menacée par le développement de la Plaine du Var, notamment autour de l’Allianz ?
Je n’entends pas d’inquiétudes à ce sujet. Grâce à un réseau d’associations solide, à la Fédération du commerce et avec Nice Shopping, on travaille sur l’ensemble du territoire niçois. La braderie, elle s’étend du centre à Nice Valley. Les clientèles ne sont pas les mêmes. Le Haut-Pays va descendre à Saint-Isidore et chez nos voisins de Saint-Laurent-du-Var, mais pas dans l’hypercentre. Il n’y a pas vraiment de menace liée aux centres commerciaux. Certains ont critiqué l’arrivée du IKEA, mais il fonctionne sans déshabiller personne !

Les perpendiculaires et les parallèles de Jean-Médecin sont dans un état parfois compliqué, malgré des rénovations accomplies ou à venir. Sur quoi pariez-vous ?
Trois points : Iconic a très bien pris, les chiffres sont solides. Nicetoile est promis à une vaste montée en gamme, avec aussi un nouvel axe pour les piétons (à l’angle de la petite rue Deudon). Nous venons d’ouvrir l’Appel à manifestation d’intérêt pour qu’un privé se positionne boulevard Raimbaldi, où une parcelle stratégique est libérée. On verra s’y construire quelque chose de grande qualité, c’est l’objectif de cet AMI.
Vos opposants, notamment l’équipe d’Eric Ciotti, font de « l’état dégradé » du commerce niçois l’un des axes de leur campagne. Quel commentaire cela vous inspire ?
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Ils promettent d’être aux côtés des commerçants. OK, mais nous le faisons déjà. J’entends des députés dénoncer la dégradation des centres-villes alors qu’ils n’ont rien obtenu à l’Assemblée pour rattraper la situation… En conséquence, c’est l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie elle-même qui a récemment saisi le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux pour qu’une action plus ferme soit menée contre les nuisances et le trafic de drogues.

Eric Ciotti pointe un plan de circulation qui serait désastreux, et la nécessité de passer à deux heures de stationnement gratuit. Que répondez-vous ?
Les deux heures de gratuité ne sont pas souhaitables : nous aurions partout des voitures-ventouses. Les magasins veulent que les flux tournent. Nous avons déjà passé le stationnement à une heure offerte depuis le 1er juillet. Pour le reste, non, les pistes cyclables n’ont pas dévitalisé le centre-ville. La cible de toutes les métropoles, c’est Internet, pas le vélo.
Plusieurs figures locales du commerce s’affichent dans la campagne d’Eric Ciotti : est-ce le signe d’un mécontentement à l’égard de votre action ?
Ils sont dragués, c’est normal. Tant mieux s’ils veulent rêver. En face, ils n’ont pas les solutions. Chacun est libre de croire qu’en plein été il neigera trente centimètres. Mais à Nice, vous savez, c’est rare…
Les centres-villes français sont touchés par une déprime nationale : d’après une récente étude du Monde, tout n’est pas rose mais Nice s’en sort plutôt bien. Avec quels atouts ?
Nous avons un aéroport en ville, ce n’est pas rien. La mairie est mobilisée auprès des professionnels. Dès qu’il y a de nouvelles enseignes, nous les accompagnons. Dans une forêt de dossiers à remplir, on les prend par la main. Et nous allons chercher les magasins qui seront niçois demain : nous sommes présents sur les salons, pour attirer les activités qui vont s’épanouir ici. Nous avons ouvert, rue Gioffredo, une « Maison de l’Artisanat et du Commerce » pour aider les pros dans leurs démarches administratives. Le climat de confiance, nous l’avons créé.



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