La municipalité appelle l’État à « mobiliser bien davantage de moyens » pour protéger les commerces, et dévoile une adaptation du principe des « voisins vigilants » contre ces délits qui galopent.
Le ras-le-bol des commerçants aurait été entendu. Ces dernières semaines, plusieurs d’entre eux, particulièrement dans le centre et le long du boulevard Gambetta, tempêtaient contre des vols à l’étalage en très forte progression.
Ici, ce sont des individus alcoolisés qu’il faut gérer dans les enseignes, là ce sont des voleurs presque « professionnels », qui dévalisent des rayons pour alimenter des épiceries sauvages. Bout à bout, les préjudices causés atteignent des sommes folles.
Ce jeudi 17 juillet, au cours d’une conférence de presse, la Ville a bien rappelé que la sûreté est avant tout une compétence de l’État… tout en dénonçant, une nouvelle fois, le manque d’effectifs : « on manque d’au moins 179 policiers (« un chiffre fantaisiste », dénonce la préfecture, NDLR). Les syndicats nous disent à quel point le nombre d’enquêteurs a fondu. Les victimes mettent plusieurs années à obtenir des réponses. Quand elles en obtiennent ».
Christophe Souques, le vice-président de l’organisation des hôteliers et restaurateurs (l’UMIH 06), opine du bonnet : « on m’a cassé la vitrine de l’un de mes bars. La police nationale a pris tellement de temps à demander à la municipale les images de vidéoprotection qu’elles avaient été supprimées. Dès lors, pourquoi perdre du temps à aller déposer plainte ?»
Pour autant, la progression des vols dans les boutiques représente un sérieux problème pour toute la ville. Anthony Borré, le premier adjoint au maire : « déjà, vous avez le droit à la sérénité, donc la municipalité se mobilise. Ensuite, c’est un problème d’attractivité. Nous n’aurons ni touristes ni visiteurs si tel ou tel quartier est identifié comme criminogène ».
« Le vol est devenu un sport national »
Principale annonce du jour, le lancement d’un réseau de « commerçants vigilants », le bien-nommé « VigiCommerce ». Chaque coin de la cité se choisira des référents, en lien avec les autorités, pour s’organiser, faire remonter les troubles et points chauds. Les magasins inscrits seront identifiés comme tels par un gros autoccolant apposé sur leur devanture, et leur appartenance à une boucle Whatsapp directe.
La collectivité rappelle aussi ce qui existe déjà, mais dont les gérants ne se saisissent pas toujours : 500 boutons d’alerte déjà demandés, tous reliés au Centre de supervision urbain, la mise à disposition de créneaux gratuits pour des audits de sécurité et le l’arrivée récente d’une brigade spéciale.
Le président de la Fédération des commerçants et des artisans niçois, Jean-Marie Debaisieux, a réagi dans Nice-Presse : « ces annonces vont dans le bon sens. Sur ce sujet, les commerçants sont écoutés et on voit que les choses s’organisent. La FCNA va sensibiliser ses membres pour qu’il y ait des volontaires autour de VigiCommerce. Ce sera la clé pour avancer. »
« Nous saluons le fait que les boutons SOS puissent désormais être actionnés pour signaler des délits autres que les seules agressions, comme auparavant. C’était une urgence : le vol est devenu un sport national. En rentrant de la conférence de presse, je me suis apperçu que mon magasin s’était encore fait dérober une référence…»



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