À quelques mois des municipales, le président de la Fédération du commerce niçois et de l’artisanat (FCNA) appelle à la mobilisation des professionnels. Campagne d’inscription sur les listes électorales, boîte à idées pour les candidats, insécurité, stationnement : Jean-Marie Debaisieux fait le point dans Nice-Presse Dimanche.
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Sur quelle liste serez-vous présent en mars prochain ?
(Sourire) Ma seule liste, c’est celle des commerçants niçois. Mon « parti », c’est la fédération qui regroupe dix-sept associations. Je suis là pour chacun d’eux, quelles que soient leurs sensibilités. Il y a des « pros-Estrosi », des « pros-Ciotti ». Ils ont leurs préférences. Mais chacun garde ses affinités pour lui. Le politique fait de la politique, nous, on fait tourner nos boutiques !
Vous affichez cette neutralité, mais vous échangez beaucoup avec les candidats. Vous avez notamment acompagné Bernard Chaix (député ciottiste) à l’Assemblée nationale il y a quelques semaines. N’est-ce pas un indice ?
Nous voyons tout le monde, Ville, Département, chambres consulaires (CCI), députés… C’est même souhaitable. Notre rôle, ce n’est ni d’être dans le jugement, ni dans le commentaire de campagne : c’est le constat et la proposition. On apporte notre connaissance du terrain, on documente, on suggère. Les politiques prennent note, ou non, et les électeurs, eux, tranchent. Concernant Bernard, nous avons des points communs. Il est issu du commerce et du meuble. On échange, rien de plus.
Christophe Bremard, de l’association Nice Centre Rive-Droite, affiche désormais clairement son soutien à Éric Ciotti dans des vidéos de campagne…
Il a su se mettre en retrait, comme il l’avait déjà fait par le passé lorsqu’il s’était consacré à d’autres activités. Mais il faut être clair : il ne le fait pas avec sa casquette de président. L’association de professionnels qu’il dirige fonctionne aujourd’hui en coprésidence, avec Yves Albiser, qui est aussi vice-président de la Fédération. Ce sont aussi des citoyens et des électeurs. Tant qu’ils n’utilisent pas les réseaux ou le nom de leur association à des fins politiques, il n’y a pas de problème.
« Nous donnerons aux candidats un rapport avec nos propositions »
Comment la FCNA s’organise-t-elle en vue des municipales ?
Nous voulons mobiliser les professionnels : beaucoup d’entrepreneurs ne sont pas inscrits pour voter là où ils travaillent. Nous lançons une campagne d’information pour rappeler qu’un commerçant qui paie sa cotisation foncière des entreprises (CFE) peut s’inscrire sur les listes électorales de la ville où se trouve son commerce.

Ensuite, il s’agit de faire remonter les besoins du terrain. Nous ouvrons une boîte à idées à destination de nos adhérents. Avec la CPME et nos partenaires, nous synthétiserons ces propositions pour les transmettre à tous les candidats. L’idée n’est pas de prendre parti, mais de faire émerger un socle commun de propositions pour défendre l’économie locale, la vitalité des quartiers et l’avenir du commerce niçois.
Quelles sont les grandes priorités qui remontent ?
Partout, trois mots reviennent : stationnement, pouvoir d’achat, avec un panier moyen qui baisse et la concurrence des grands centres commerciaux. À ça s’ajoute la qualité des devantures : une vitrine fermée et laissée en friche plombe tout un îlot. On demande des outils pragmatiques pour accélérer les remises en état, favoriser les reprises et éviter la vacance commerciale.
La Ville a lancé un nouveau dispositif, « VigiCommerce », pour assurer la sécurité des boutiques. Quels sont les retours ?
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C’est une volonté forte de la municipalité, que nous soutenons pleinement. La création d’une brigade dédiée et la mise en place d’une boucle WhatsApp entre commerçants et police municipale vont dans le bon sens : plus il y a de contact direct avec les forces de sécurité, mieux c’est.
Un outil essentiel, aussi, c’est le bouton alerte, d’alerter en un clic. Malheureusement, trop peu l’ont installé, faute d’une communication assez claire. Beaucoup pensent à tort qu’il s’agit d’un abonnement coûteux, alors qu’en réalité, l’appareil s’achète en une seule fois.
Le stationnement reste un sujet sensible à Nice. Que demandez-vous concrètement ?
C’est l’équilibre le plus dur à trouver : assurer la rotation pour les achats rapides, préserver le pouvoir d’achat des clients, et rester compétitifs face aux centres commerciaux. Nos demandes sont simples : des plages de gratuité courtes et lisibles, des tarifs modérés en cœur de ville, des abonnements riverains et pros plus clairs, des créneaux de livraison réellement réservés et contrôlés, des parkings-relais bien signalés. Et surtout, une concertation en amont dès que l’on modifie un plan de circulation.
Ces changements justement, en plus de l’ajout de pistes cyclables ou la végétalisation des rues, n’aident pas le commerce ?
Oui aux vélos, oui aux piétons et oui aux voitures. Mais sans cacher les vitrines. L’attractivité, c’est de la visibilité et de l’accès. Informer en amont, co-construire, prévoir la logistique : c’est comme ça que l’on préserve la vitalité économique.
Quel bilan tirez-vous de la saison estivale pour le commerce niçois ?
Globalement stable, mais avec un décalage : août très bon, juillet plus mou. On note plus de clients mais un panier moyen en baisse, notamment dans la restauration, avec des confrères qui me rapportent qu’il y a moins de desserts vendus ou des tables qui commandent une pizza pour quatre, avec une carafe d’eau. L’incertitude nationale pèse énormément.
Vous alertiez il y a quelques mois sur certaines « mono-activités » de rues avec des commerces jugés communautaires (barbers, kebabs…). Est-ce toujours le cas ?
Je ne stigmatise personne : la diversité fait la richesse d’un centre-ville. Ce que je demande, c’est une compétition équitable : mêmes règles, mêmes contrôles pour tous (caisse aux normes, fiscalité, hygiène…). Quand tout le monde part de la même ligne, la concurrence est tirée vers le haut.







Il est où votre courage ? Vous posez avec le clan Ciotti, vous l’accompagnez,et vous osez dire que vous ne soutenezcpas Ciotti ? Vous êtes un menteur,dans la lignée de votre gourou Ciotti ! 🤮🤮