Le dernier rapport de la Fondation pour le Logement des Défavorisés est sans équivoque. La situation est très préoccupante en Provence-Alpes-Côte d’Azur. À Nice, voici ce que proposent les candidats à l’élection municipale.
Manque de résidences, demandes en hausse, problème de suroccupation… En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la crise de l’habitat est un véritable fléau. Les chiffres partagés par la Fondation pour le Logement des Défavorisés ce jeudi 11 décembre ne disent pas autre chose. Le baromètre fait le bilan de l’année 2024, et constate que les statistiques sont encore moins bonnes qu’elles ne l’étaient auparavant !
Par exemple, en région Sud, plus de 112.000 demandes d’hébergement via le 115 sont restées sans réponse l’an passé, faute de places disponibles. L’association note en plus que la capacité d’accueil a globalement diminué sur le territoire, « alors qu’elle était déjà insuffisante » précédemment.
Le plus faible nombre de logements sociaux financés depuis 2019
Parmi les points mis en avant pour expliquer cette situation alarmante, qui n’est pas une nouveauté, l’organisation (ex-Fondation Abbé-Pierre) regrette la chute de la production de logis. Elle serait « vertigineuse », avec une baisse de 24%. En 2024, un peu plus de 6000 HLM ont été financés, soit le niveau le plus bas depuis 2019.
À côté de ça, le besoin est toujours plus élevé, avec 241.000 ménages demandeurs fin 2024 (+30%). Un contexte favorisant le mal-logement, avec des foyers contraints « de vivre dans des taudis » ou de « suroccuper des appartements trop petits ». Dans la métropole niçoise, ce dernier sujet de préoccupation concerne plus de deux habitants sur dix.
Devant cette problématique, la Fondation regrette « une absence de réponse politique forte ». À l’approche des élections municipales, « il y a urgence à défendre le droit au logement, clame-t-elle. Il est trop souvent bafoué. Il est essentiel de faire des différents territoires des lieux d’accueil pour tous et de considérer la parole des personnes mal logées. »
Plafonner les loyers, une idée commune à gauche

Localement, que proposent les différents candidats au scrutin de mars 2026 ? Tous n’ont pas encore développé leurs propositions à ce propos, comme Christian Estrosi et Éric Ciotti, qui n’ont rien dit jusqu’alors, renvoyant à des projets « en janvier ou février ».
À gauche en revanche, les deux listes ont déjà évoqué quelques pistes, notamment dans Nice-Presse.
Que ce soit le camp de Juliette Chesnel-Le Roux (PS, Verts et communistes) ou celui de Mireille Damiano (LFI et Viva), on milite pour plafonner les loyers. Une solution que réclame également la Fondation. Ce qui permettrait, selon David Nakache (Viva) « de stopper l’envolée des prix dans un marché totalement livré à la spéculation. »
Autre idée commune, « réaffecter massivement l’existant » (gauche écologiste), « reconvertir ce qui existe déjà » (LFI). Concrètement, récupérer des bâtiments comme les friches industrielles, de vieux commerces et des bureaux vides pour les transformer en HLM. Quant à la « surélévation » des immeubles, elle est à prendre en compte « si et seulement si les études structurelles le permettent », insiste Julien Picot (PCF). « Ce n’est pas l’alpha et l’oméga », ajoute David Nakache.
Subventionner la rénovation de passoires thermiques
Du côté de l’alliance entre socialistes, écologistes et communistes, on souhaite par ailleurs subventionner jusqu’à 80% les chantiers des passoires thermiques, le tout complété par un prêt à taux zéro, y compris sur l’ancien. « La transition ne se fera pas contre les ménages. On doit accompagner », affirme Julien Picot.
La liste LFI-Viva envisage d’abaisser le seuil imposant des logements sociaux dans les programmes neufs ou encore d’interdire les nouvelles résidences secondaires dans certains secteurs. Avec l’ambition de « mettre en marche une dynamique irréversible », puisqu’elle a conscience que cette crise « ne se résoudra pas en une mandature ».






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