Julien Picot développe dans Nice-Presse Dimanche le plan contre le mal-logement de la gauche écologiste (socialistes, communistes, verts) au coeur de ces municipales 2026. Avec des rénovations massives subventionnées par la collectivité, la conversion de bureaux en logements abordables ou encore le plafonnement des loyers.
- À CE SUJET… « Urbanisation, pistes cyclables, quartiers oubliés»… Contre la mairie, le réquisitoire de la gauche écologiste dans Nice-Presse Dimanche
- À CE SUJET… Municipales 2026 : délinquance, drogues, police municipale, sécurité privée… Ce que la gauche écologiste dit à Nice-Presse Dimanche
Vous appelez à un plafonnement des loyers. À quoi faut-il s’attendre ?
Le logement doit être bien davantage encadré, par choix politique, comme on l’a fait à Paris. Les prix explosent parce que l’offre est insuffisante. Et elle l’est parce qu’une part énorme du parc est captée par le tourisme. Ou pire, vide, dans des immeubles de bureaux, notamment à l’Ouest (le taux de vacance pour l’immobilier tertiaire était de 2,7% dans la Métropole en décembre 2024, NDLR). Nous voulons un plafond par mètre carré, par zone, avec une délibération votée en conseil municipal. Ce ne sera pas symbolique. Il faut des loyers supportables pour les Niçois. Et oui, ça veut dire réaffecter des bureaux vides en logements.
Nice n’atteint pas les objectifs légaux, 25%, pour ce qui est des HLM. Que proposez-vous ?
Nous estimons que le manque global est d’environ 20.000 logements. Pour atteindre 25% de logements sociaux, contre 14% actuellement, il faudra 4000 HLM, chaque année du mandat. Deux leviers pour y arriver. Produire là où c’est pertinent (en surélévation, notamment) et réaffecter massivement l’existant. Sans ça, les actifs continueront de quitter Nice et de s’installer dans d’autres villes du département, loin de leur lieu de travail. Écologiquement, c’est une aberration.
Vous dénoncez une « bétonisation à outrance » de Nice. Comment développer la ville ?
Nice est saturée et exposée aux risques. La priorité, c’est le recyclage urbain, la rénovation d’immeubles vétustes, pour permettre plus de mixité sociale partout, en ajoutant des espaces verts et des services publics. On ne peut embellir le centre et oublier nos quartiers périphériques.
Surélever le bâti existant, donc. À quelle ampleur ?
Si et seulement si les études structurelles le permettent. On ne refait pas les erreurs vues ailleurs. Quand c’est possible, gagner en hauteur évite d’artificialiser davantage les sols, ce que nous défendons.
Sur les passoires thermiques, comment agir ?
Des subventions jusqu’à 80% pour lancer les chantiers, complétées par un prêt à taux zéro, y compris sur l’ancien. La transition ne se fera pas contre les ménages. On doit accompagner.

Étudiants, familles, touristes. Comment comptez-vous équilibrer le parc immobilier ?
ll faut davantage de logements dédiés aux étudiants près des transports. Pour les familles, du social de qualité dans tous les quartiers, pas seulement à l’Est. Et côté tourisme, on réduit la part des meublés de type Airbnb. Dans certains secteurs du centre, jusqu’aux trois quarts des logements sont captés par le tourisme ! Une ville vidée de ses habitants n’est plus une ville…
Le principal bailleur, Côte d’Azur Habitat assure que les rénovations sont menées dans les logements sociaux mais que trop souvent, ce sont des habitants qui dégradent. Votre regard ?
Peindre les façades ne règle rien. Un quartier vit s’il a des transports structurants, des équipements sportifs et culturels, des crèches, des services publics. Enfermer les gens dans des quartiers, comme à l’Ariane ou d’autres secteurs, c’est fabriquer des citoyens de seconde zone. Il faut désenclaver et équiper.
Vous défendez des services publics de proximité. Quoi, concrètement ?
De la police de proximité, un accès à la culture, des zones sportives, des écoles… Et dans chaque quartier ! L’Hôtel des Polices unique fera perdre en efficacité. Nous voulons recréer une vraie police de proximité.
Les hôtels de luxe se multiplient dans la commune, avec un fort taux d’occupation. Certains spécialistes estiment que Nice n’est pas encore saturée. Pour vous, c’est stop ou encore ?
Stop à la démesure. Oui au tourisme, c’est le coeur de notre économie, mais pas seulement de luxe. On défend un tourisme populaire et familial qui irrigue l’économie locale. Tous les Français, de toutes les classes sociales, devraient pouvoir venir sur la Côte d’Azur au moins une fois dans leur vie.







Nous sommes d’accord sur un point. Stop à la démesure des écologistes.